Frise chronologique
1763-1780
Construction du canal
Construction du canal
1763-1780 (≈ 1772)
17 ans de travaux dirigés par François Zacharie.
1776
Incident technique
Incident technique
1776 (≈ 1776)
Rupture de berge lors d’une cérémonie.
6 décembre 1780
Inauguration officielle
Inauguration officielle
6 décembre 1780 (≈ 1780)
Ouverture à la navigation après achèvement.
1788
Barrage de Couzon
Barrage de Couzon
1788 (≈ 1788)
Construction pour pallier les sécheresses.
1839
Prolongement minier
Prolongement minier
1839 (≈ 1839)
Extension jusqu’à La Grand-Croix pour le charbon.
1960-1970
Disparition partielle
Disparition partielle
1960-1970 (≈ 1965)
Comblé par l’autoroute A47, vestiges épargnés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Voir commune de : Givors (Rhône)
Personnages clés
| François Zacharie - Initiateur et entrepreneur |
Lança les travaux en 1763, ruiné avant l’achèvement. |
| Guillaume Marie Delorme - Architecte hydraulicien |
Reprit le projet en 1771 pour l’achever. |
| Jacques Necker - Directeur général des finances |
Sauva la compagnie en 1779 en doublant les tarifs. |
| Guillaume Zacharie - Fils et héritier |
Poursuivit les travaux malgré les dettes paternelles. |
| Demarie - Inspecteur des Ponts et Chaussées |
Supervisa l’achèvement en 1780 jusqu’à Rive-de-Gier. |
Origine et histoire
Le canal de Givors, initialement nommé « canal des deux mers », fut conçu pour relier la Loire au Rhône via le Gier. Long de 20 km (15,5 km jusqu’à Rive-de-Gier + 5 km vers La Grand-Croix), il comportait 42 écluses, 5 ponts-aqueducs et un tunnel de 171 m (« le Rocher percé »). Son gabarit permettait le passage de bateaux de 22,5 m, avec un dénivelé total de 85 m. Destiné à concurrencer le transport terrestre, il fut aussi utilisé pour acheminer le charbon vers des industries locales comme la verrerie Robichon.
La construction, lancée en 1763 par l’entrepreneur lyonnais François Zacharie, s’étala sur 17 ans. Zacharie, ruiné, mourut en 1768, laissant à son fils Guillaume une dette colossale. Les travaux reprirent en 1771 sous la direction de l’hydraulicien Guillaume Marie Delorme, avec le soutien financier de la Compagnie des Intéressés du canal de Givors (créée en 1774). Malgré un incident lors de l’inauguration (rupture de berge en 1776), le canal fut achevé en 1780, grâce à l’intervention de Jacques Necker, qui doubla les tarifs et étendit la concession à 99 ans.
Exploité intensément (3 000 bateaux/an, 140 000 tonnes de trafic), le canal rapporta 11 millions de francs de dividendes. Cependant, la concurrence du rail dès les années 1830 (ligne Saint-Étienne-Lyon) et l’épuisement de sa rentabilité conduisirent à son rachat par l’État en 1886. Prolongé jusqu’à La Grand-Croix en 1839 pour desservir les mines de charbon, il fut comblé dans les années 1960 lors de la construction de l’autoroute A47, effaçant presque entièrement ses vestiges.
Parmi les infrastructures remarquables, le barrage de Couzon (1788) compensait les pénuries d’eau du Gier. Le siège de la Compagnie, achevé en 1796 à Rive-de-Gier, devint l’hôtel de ville. Aujourd’hui, seuls quelques tronçons subsistent, notamment dans des méandres trop prononcés pour les travaux autoroutiers. Le canal illustre l’ambition précoce de mailler les voies navigables françaises, avant d’être supplanté par les transports modernes.