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Ancien centre pénitentiaire dit Camp de la Transportation

Ancien centre pénitentiaire dit Camp de la Transportation

    2 Rue Montravel
    97320 Saint-Laurent-du-Maroni
Ancien centre pénitentiaire dit Camp de la Transportation
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Ancien centre pénitentiaire dit Camp de la Transportation
Crédit photo : Psu973 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1792
Loi sur la déportation politique
31 mars 1852
Premier convoi de forçats
21 février 1858
Inauguration du bagne
16 mars 1880
Création de la commune pénitentiaire
1912
Construction de l'hôpital
1938
Décret-loi de fermeture
14 février 1995
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble des immeubles bâtis et non bâtis, y compris les murs d'enceinte, ainsi que les deux parcelles formant place-parvis entre le camp et l'avenue du Colonel-Chandon, constituant l'ancien centre pénitentiaire (cad. AD 7 à 28) : classement par arrêté du 14 février 1995

Personnages clés

Louis Napoléon Bonaparte - Président puis Empereur Relance les bagnes comme outil colonial.
Édouard Daladier - Président du Conseil Décrète la fermeture en 1938.
Henri Charrière (dit Papillon) - Bagnard célèbre Auteur d'une évasion mythifiée.

Origine et histoire

Le bagne de Saint-Laurent-du-Maroni, créé en 1858 sur les bords du fleuve Maroni, était le cœur du système pénitentiaire colonial français en Guyane. Il servait de point de transit pour les condamnés arrivant de métropole, qui y étaient triés avant d'être répartis vers d'autres camps comme les îles du Salut. Le site comprenait 12 bâtiments principaux, dont des cellules, un hôpital, des cuisines et des espaces administratifs. Les détenus jugés peu dangereux pouvaient y travailler comme jardiniers ou dans l'administration, bénéficiant de conditions relativement moins sévères que dans les autres pénitenciers.

Fondé officiellement par la loi de 1792 pour la déportation des opposants politiques, le bagne connut plusieurs phases avant son apogée au XIXe siècle. En 1850, Louis Napoléon Bonaparte justifia sa relance comme outil de colonisation, aboutissant à l'arrivée du premier convoi de forçats en 1852. Saint-Laurent devint une commune pénitentiaire en 1880, où cohabitaient gardiens, bagnards libérés et détenus en attente de transfert. Les tentatives d'évasion étaient fréquentes, notamment via l'hôpital où certains simulaient des maladies pour préparer leur fuite. Le camp ferma définitivement en 1946, après un décret-loi de 1938.

Le site, classé monument historique en 1995, abrite aujourd'hui un musée dans ses bâtiments restaurés. Il illustre les conditions de vie des bagnards, les mécanismes de répression et les stratégies de survie, comme le stockage d'argent dans des plancs cachés. Les chevaux de retour (forçats évadés puis repris) et les récidivistes étaient systématiquement envoyés aux îles du Salut, réputées infranchissables. Les condamnés indochinois ou arabes étaient souvent regroupés dans des camps spécifiques, reflétant une organisation ségrégative.

L'architecture du camp, avec ses cellules exiguës (2 m sur 1,80 m) et son quartier disciplinaire équipé de barres de justice, témoigne de la dureté du système. Pourtant, Saint-Laurent offrait aux détenus privilégiés une relative liberté de mouvement dans l'enceinte, une nourriture améliorée et des tâches moins pénibles. Cette dualité entre répression et avantages conditionnels visait à encourager la soumission. Le dernier relégué quitta la Guyane en 1952, mettant fin à près d'un siècle et demi d'histoire carcérale coloniale.

Le musée actuel présente des objets, archives et récits de bagnards, dont celui d'Henri Charrière (dit Papillon), dont l'évasion spectaculaire contribua à la légende noire du bagne. Les vestiges du camp, incluant les murs d'enceinte et les parcelles historiques, sont protégés depuis 1995. Ce lieu de mémoire interroge aujourd'hui sur les héritages de la déportation pénale, entre exploitation coloniale, réhabilitation par le travail forcé et violences institutionnelles.

Liens externes

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