Origine et histoire
L’ancien cinéma U.T., situé à Strasbourg, est un édifice emblématique construit en 1913 sous le nom d’Union Theater (U.T.), en référence au célèbre cinéma berlinois du même nom. À l’époque, Strasbourg fait partie de l’Empire allemand, et ce théâtre cinématographique incarne l’influence culturelle germanique. Son ouverture officielle a lieu le 3 janvier 1914 avec la projection de deux films : Une chasse au Rhinocéros en Afrique orientale et L’Étudiant de Prague, marquant le début de son histoire comme l’un des plus anciens cinémas de France. Le bâtiment, de style néo-classique, se distingue par sa façade et son intérieur richement décoré, incluant un vestibule, un foyer et une grande salle de spectacle avec balcon.
En 1964, le cinéma est rebaptisé ABC et géré par le groupe Gaumont, qui exploite déjà plusieurs salles à Strasbourg. Face à la concurrence des multiplexes, il ferme en 1986. La ville de Strasbourg, propriétaire des lieux, le transforme alors en un espace culturel polyvalent nommé l’Odyssée après une restauration dirigée par l’architecte Louis Piccon à partir de 1992. Les éléments protégés, inscrits aux monuments historiques depuis 1990, incluent les façades, la toiture, le vestibule, la cage d’escalier et la grande salle avec son décor d’origine.
Entre avril 2022 et juin 2023, le site subit de nouveaux travaux pour améliorer l’accessibilité, notamment pour les personnes à mobilité réduite. Il est alors renommé le Cosmos, évoquant un univers de voyage et d’imaginaire. Ce cinéma historique, conçu à l’origine par l’architecte Paul Horn pour la Süddeutsche Discontogesellschaft A.G., reste un témoignage architectural et culturel majeur du début du XXe siècle en Alsace, mêlant influences allemandes et françaises.
Les façades extérieures, avec leur portique d’entrée et leurs caisses, ainsi que les décors intérieurs (foyer, escalier, balcon), sont protégés depuis 1990. Le bâtiment illustre l’évolution des salles de cinéma, passant d’un lieu de divertissement élitiste à un espace culturel municipal, tout en conservant son patrimoine architectural. Aujourd’hui, le Cosmos perpétue cette double vocation, entre mémoire historique et modernité.