Origine et histoire
Le Clos Genest est un ensemble architectural conçu à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par l’architecte Casimir Genest (1846-1918) à Valence (Drôme). Destiné à abriter sa famille, ce projet comprenait initialement quatre villas : les Cigales, Margot, le Castelet et les Violettes. Seules les villas des Cigales et Margot subsistent aujourd’hui, les deux autres ayant été détruites pour laisser place à des immeubles modernes. Le site, situé rue des Moulins, près de la Cité scolaire Camille-Vernet, reflète l’éclectisme architectural de l’époque, mêlant influences médiévales, Renaissance et fantastiques.
La villa des Cigales, première construction conservée, se distingue par ses quatre pavillons aux toits pentus, ornés de sculptures grotesques et de décors inspirés du Moyen Âge et de la Renaissance. L’intérieur abrite des gypseries et des mosaïques de verre, tandis qu’un des pavillons servait d’atelier à Genest. La villa Margot, édifiée en 1904 pour le mariage de sa fille Marguerite, arbore une façade asymétrique en brique, des baies Renaissance et des motifs sculptés (dragons, masques, références antiques). Son entrée est surmontée d’un cartouche « Villa Margot » encadré de têtes casquées et d’un écu du Dauphiné.
Casimir Genest, architecte et conseiller municipal radical de Valence, a marqué la ville par ses réalisations sociales et urbanistiques. Amateur d’art et proche des artistes, il a intégré dans ses œuvres un style éclectique, mêlant symboles médiévaux et Renaissance sans signification précise. Le Clos Genest, avec la cité des Officiers, reste l’un de ses rares héritages conservés, classé monument historique en 1997. Les villas, leur jardin et une fabrique subsistante sont protégés, témoignant de l’audace créative de leur concepteur.
L’histoire du site est marquée par des transformations : la villa des Violettes, devenue clinique Saint-Joseph dans les années 1920, a disparu après la Seconde Guerre mondiale, tout comme le Castelet. Aujourd’hui, les villas des Cigales et Margot, avec leurs décors exubérants (têtes fantastiques, animaux mythologiques, motifs Renaissance), illustrent l’héritage architectural de Genest. Leur inscription en 1997 souligne leur valeur patrimoniale dans le paysage valentinois.