Origine et histoire
L’ancien Collège des Doctrinaires, situé à Brive-la-Gaillarde, fut construit entre 1659 et 1671 pour abriter un collège communal fondé grâce au legs d’Antoine de Lestang, président au parlement de Toulouse. Ce notable offrit son emplacement et des fonds pour ériger un vaste établissement près du couvent des Ursulines. La première campagne de construction s’achève en 1659, date gravée sur un linteau et autrefois présente sur le fronton de la chapelle Saint-Jean. Cette dernière, dotée d’un mobilier sculpté par Jean Mouret en 1662, longe l’aile sud du bâtiment.
Le plan initial en U, centré sur une cour d’honneur, fut complété au XVIIIe siècle par une aile nord symétrique, reproduisant le style du XVIIe siècle. L’ensemble, construit en grès de Grammont, intègre des éléments en calcaire (portail de la chapelle, chapiteaux). Un escalier monumental à arcs et une tour de l’horloge coiffée d’un dôme relient les ailes. En 1751, l’abbé Dubois acquiert l’hôtel de Cosnac adjacent pour loger des pensionnaires, avant sa destruction partielle lors du percement de la rue Marie-et-Pierre-Curie au XXe siècle.
Après la Révolution, le collège devient communal jusqu’en 1947, subissant des restaurations aux XIXe et XXe siècles. La chapelle perd son chevet avant 1930, et la façade arrière, bordant la nouvelle rue, devient l’entrée principale avec un portique maçonné. Classé partiellement en 1926 et 1943, le bâtiment abrite depuis 1974 l’hôtel de ville de Brive, après une restauration majeure.
L’établissement comptait initialement cinq cours (d’honneur, de gymnastique, des grands, des petits, des cuisines) et deux escaliers en charpente ajoutés postérieurement. Les façades, toitures, et l’escalier monumental sont protégés au titre des Monuments Historiques. Le grès de Grammont, matériau dominant, contraste avec les colonnes en calcaire ornant la rue, reflétant l’architecture classique de l’époque.
Le collège fut fondé pour éduquer les jeunes garçons de Brive et des environs, confié dès 1619 aux frères de la Doctrine chrétienne. Antoine de Lestang, figure clé, contribua aussi à l’installation des Ursulines dans la ville. Le plan Massénat (milieu XVIIIe) révèle une cour alors ouverte au nord et un bâtiment d’angle détruit, probablement l’ancien hôtel de Cosnac, racheté en 1751 pour étendre les locaux.