Origine et histoire de l'ancien collège
L’ancien collège des Jésuites de Rodez, aujourd’hui intégré au lycée Foch, fut fondé en 1562 à l’initiative du cardinal Georges d’Armagnac, évêque de Rodez. La construction, confiée à l’architecte ruthénois Hugues de Bramarigues, s’étala de 1619 à 1649 sous la maîtrise d’œuvre des jésuites. Ce collège, conçu pour diffuser le savoir parmi les élites locales, devint un établissement renommé jusqu’à l’expulsion des jésuites en 1769, date à laquelle il fut transformé en collège royal. Son plan s’inspire de l’église du Gesù à Rome, avec une nef à trois travées, un déambulatoire, et une façade baroque ornée de statues de saint Ignace de Loyola et saint François-Xavier.
La chapelle, classée monument historique en 1927, illustre l’influence architecturale jésuite par son style sobre mais élégant : voûtes en bois peintes, pilastres corinthiens, et une coupole sans tambour. Les jésuites y accordaient une place centrale à la prédication, comme en témoignent la chaire proche du public et les tribunes pour les grandes affluences. À l’extérieur, la façade à deux ordres superposés, flanquée de clochers carrés, reflète l’adaptation du baroque italien. Le collège, rebaptisé au fil des régimes (École centrale, Lycée impérial), conserva sa réputation académique, formant des figures comme le maréchal Foch ou l’artiste Pierre Soulages.
Au XIXe siècle, le site s’enrichit de la fontaine de Vors (1875–1900), sculptée par Denys Puech et inscrite en 1973, ainsi que du bâtiment de la galerie de l’ancien lycée, daté du XVIIe siècle. Ces éléments, associés à la chapelle, forment un ensemble patrimonial marqué par l’héritage éducatif et religieux des jésuites. Le collège symbolise aussi les mutations politiques françaises, passant de l’Ancien Régime à la République tout en restant un pôle d’excellence. Aujourd’hui, le lycée Foch perpétue cette tradition, tandis que les vestiges classés rappellent l’importance historique du site.