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Ancien collège des Jésuites, puis établissement pénitentiaire à Ensisheim dans le Haut-Rhin

Ancien collège des Jésuites, puis établissement pénitentiaire

  • 1 Rue du Moulin
  • 68190 Ensisheim
Ancien collège des Jésuites, puis établissement pénitentiaire
Ancien collège des Jésuites, puis établissement pénitentiaire
Ancien collège des Jésuites, puis établissement pénitentiaire
Crédit photo : Ralph Hammann - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat
1 Rue du Moulin 68190 Ensisheim

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1583
Fondation de l'école
1614
Prise en charge par les Jésuites
1690
Construction de l'église
1764
Fermeture du collège
1811
Transformation en prison
1938
Accueil des bagnards
1987
Inscription monument historique
1988
Mutinerie et incendie
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble des façades et toitures sur rues et sur cours du bâtiment principal comprenant le bâtiment administratif et l'ancienne église (actuelle chapelle protestante). Piliers conservés à l'intérieur de l'ancienne église, ancien cellier en sous-sol sous le terrain de sport (cad. 6 1) : inscription par arrêté du 16 juillet 1987

Personnages clés

Jean Rasser - Curé d'Ensisheim Fonda l'école en 1583.
Léopold V d'Autriche - Archiduc Soutint la création du collège.
Louis-Ambroise Dubut - Architecte Remaniera la prison en 1811.
Éric-Emmanuel Schmitt - Écrivain A situé une nouvelle dans la prison.

Origine et histoire

Le monument fut initialement fondé en 1614 comme collège des Jésuites à Ensisheim, reprenant une école créée en 1583 par le curé Jean Rasser. Ce collège, doté de cinq classes, un internat et une chapelle, visait à renforcer l’enseignement catholique face à l’influence luthérienne en Alsace. Les Jésuites de Fribourg-en-Brisgau en prirent la direction à la demande de l’archiduc Léopold, et les travaux débutèrent en 1628, avec une église construite vers 1690 à partir de pierres du couvent de Schwartzenthann.

En 1764, après l’expulsion des Jésuites, le collège fut transformé en dépôt de mendicité, puis en hôpital militaire entre 1793 et 1800. Un décret impérial de 1811 le convertit en maison centrale pour détenus, avec des remaniements majeurs dirigés par l’architecte Louis-Ambroise Dubut. L’établissement s’étendit progressivement, notamment avec la construction d’un quartier cellulaire en 1886 et une porte d’entrée achevée en 1906.

Au XXe siècle, la prison subit des bombardements en 1945-1946, puis une mutinerie et un incendie en 1988, entraînant des reconstructions partielles. En 1938, elle accueillit des condamnés aux travaux forcés après l’abolition des bagnes coloniaux. L’ensemble, incluant l’ancienne église partiellement conservée comme chapelle protestante, fut inscrit aux monuments historiques en 1987. Aujourd’hui, la maison centrale compte 205 places et accueille des détenus purgeant de longues peines.

Le site est également lié à la littérature contemporaine : la nouvelle La Vengeance du pardon (2017) d’Éric-Emmanuel Schmitt s’y déroule en partie, s’inspirant de l’univers carcéral et des rencontres entre détenus et victimes. L’architecture mêle des éléments des XVIIe, XIXe et XXe siècles, reflétant ses usages successifs.

Liens externes

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