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Ancien collège Saint-Raymond à Toulouse en Haute-Garonne

Haute-Garonne

Ancien collège Saint-Raymond

    1 ter Place Saint-Sernin
    31000 Toulouse
Ancien collège Saint-Raymond
Ancien collège Saint-Raymond
Ancien collège Saint-Raymond
Crédit photo : Didier Descouens - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
400
500
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
IVe siècle
Nécropole chrétienne primitive
1075-1080
Fondation de l’hôpital
XIIIe siècle
Transformation en collège
1523
Reconstruction du collège
1868-1871
Restauration par Viollet-le-Duc
1892
Ouverture du musée des Antiques
1975
Classement Monument Historique
1999
Réouverture après fouilles
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Collège Saint-Raymond (ancien) , actuellement musée Saint-Raymond (cad. AD 54) : classement par arrêté du 11 août 1975

Personnages clés

Raymond Gayrard - Fondateur de l’hôpital (XIe s.) Financé par les comtes de Toulouse.
Martin de Saint-André - Évêque de Carcassonne, prieur Commanditaire de la reconstruction (1523).
Louis Privat - Architecte du XVIe siècle Auteur du bâtiment actuel.
Eugène Viollet-le-Duc - Architecte-restaurateur (XIXe s.) Transformation néogothique controversée.
Alexandre Du Mège - Archéologue et conservateur Sauve le bâtiment de la démolition.
Émile Cartailhac - Conservateur (début XXe s.) Réorganise les collections archéologiques.

Origine et histoire

L’ancien collège Saint-Raymond, situé à Toulouse près de la basilique Saint-Sernin, fut fondé au XIVe siècle pour accueillir des étudiants pauvres de l’université. Reconstruit en 1523 par l’architecte Louis Privat après un incendie, il conserve un style gothique méridional en brique, typique de la région, avec des faux mâchicoulis et des ouvertures en chemin de ronde. Le bâtiment servit de collège jusqu’à la Révolution, avant d’être transformé en écuries, caserne, puis presbytère au XIXe siècle.

À partir de 1868, Eugène Viollet-le-Duc entreprend une restauration controversée, ajoutant une tourelle, des murs intérieurs et des cheminées crénelées pour accentuer son aspect médiéval. Il construit aussi une maison néogothique dans l’ancienne cour. En 1892, la ville de Toulouse y installe le musée des Antiques, dédié à l’archéologie, après l’avoir sauvé de la démolition grâce à l’intervention d’Alexandre Du Mège, Prosper Mérimée et Viollet-le-Duc lui-même.

Le musée, inauguré en 1892, présente initialement des « petites Antiquités » (objets ethnographiques, monnaies, mobilier) avant de se spécialiser dans l’archéologie romaine et paléochrétienne. Les collections proviennent de fouilles locales (villa de Chiragan), de dons (collection Campana, legs Bibent) et de dépôts de l’État. En 1999, après des fouilles révélant une nécropole paléochrétienne du IVe siècle, le musée rouvre avec une muséographie moderne, mettant en valeur son histoire pluriséculaire.

Le bâtiment, classé Monument Historique en 1975, illustre l’évolution d’un collège médiéval en espace culturel. Ses transformations reflètent les enjeux de préservation du patrimoine toulousain, entre restaurations romantiques et redécouvertes archéologiques. Aujourd’hui, il abrite des collections uniques, comme les bustes romains de Chiragan, et reste un symbole de la transmission du savoir, de l’époque universitaire à l’ère muséale.

La nécropole paléochrétienne, mise au jour dans les années 1990, révèle des sarcophages et un four à chaux du Ve-VIe siècle, témoignages de l’occupation ancienne du site. Le musée, réorganisé par Émile Cartailhac puis Robert Mesuret, devient un lieu de référence pour l’étude de la Tolosa romaine et de son héritage médiéval, tout en préservant la mémoire des étudiants qui y vécurent pendant cinq siècles.

Enfin, le collège Saint-Raymond incarne la renaissance toulousaine du XVIe siècle, marquée par l’usage de la brique et l’influence des commanditaires ecclésiastiques, comme Martin de Saint-André, prieur du collège. Son architecture, bien que modifiée par Viollet-le-Duc, reste un exemple rare des collèges universitaires du Moyen Âge encore debout en France.

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