Frise chronologique
850
Fondation de l'évêché
Fondation de l'évêché
850 (≈ 850)
Création par Saint-Tugdual, premier évêque.
1433
Reconstruction médiévale
Reconstruction médiévale
1433 (≈ 1433)
Manoir épiscopal rebâti sous Pierre Piedru.
1608
Reconstruction du palais
Reconstruction du palais
1608 (≈ 1608)
Travaux lancés par Adrien d’Amboise.
1700–1715
Agrandissement Louis XIV
Agrandissement Louis XIV
1700–1715 (≈ 1708)
Ailes et pavillons ajoutés par Jégou de Kervilio.
1790
Suppression de l'évêché
Suppression de l'évêché
1790 (≈ 1790)
Nationalisation lors de la Révolution.
1923
Inauguration de l'hôtel de ville
Inauguration de l'hôtel de ville
1923 (≈ 1923)
Transformation après achat par la ville.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de la partie des bâtiments de l'ancien Evêché utilisée comme presbytère : classement par arrêté du 12 avril 1954 ; Façades et toitures des bâtiments de l'ancien Evêché actuellement occupés par la Mairie et l'Hôtel Central (cad. A 226p) : classement par arrêté du 31 mai 1956 ; Les parties intérieures des bâtiments de l'ancien évêché, aujourd'hui hôtel de ville, en totalité, figurant au cadastre, section AB parcelles n° 46, 47, 48, 53 et non cadastrée, suivant le plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 29 juin 2022
Personnages clés
| Saint-Tugdual - Fondateur de l'évêché |
Premier évêque de Tréguier en 850. |
| Adrien d'Amboise - Évêque reconstructeur |
Commanditaire des travaux en 1608. |
| Olivier Jégou de Kervilio - Évêque bâtisseur |
Agrandit le palais au XVIIIe siècle. |
| Augustin-René-Louis Le Mintier - Dernier évêque |
Exilé en 1791 pendant la Révolution. |
| Gustave de Kerguezec - Négociateur de la vente |
Permit l'acquisition par la ville en 1921. |
Origine et histoire
L’évêché de Tréguier, fondé en 850 par Saint-Tugdual, voit son palais épiscopal actuel reconstruit au début du XVIIe siècle sous l’impulsion de l’évêque Adrien d’Amboise (1608). Le site, initialement clos de murs et doté de jardins, bois et dépendances, s’organise autour d’une avant-cour (actuelle place du Général Leclerc) et d’une basse-cour. Le palais, composé d’un corps de logis central flanqué de deux pavillons et d’ailes est/ouest, communique directement avec la cathédrale Saint-Tugdual via la sacristie. Les espaces intérieurs, comme la salle synodale ou la chambre de l’évêque, reflètent une hiérarchie sociale marquée, avec des pièces de réception à l’étage et des communs au rez-de-chaussée.
Au XVIIIe siècle, l’évêque Olivier Jégou de Kervilio (1694–1731) agrandit le palais en ajoutant une aile nord et modernise les façades dans un style Louis XIV. Son successeur, François-Hyacinthe de La Fruglaye de Kervers (1730–1745), construit l’aile nord-ouest, aujourd’hui mairie, avec écuries et greniers. Les boiseries et cheminées, datées des années 1700–1745, illustrent l’évolution des goûts, du style Louis XIV à la Régence. En 1757, l’évêque Charles-Gui Le Borgne de Kermorvan rasera un vieux logis ruiné pour dégager la vue sur les jardins, marquant l’apogée de la transformation du manoir médiéval en palais classique.
La Révolution française met fin à l’évêché en 1790 : le palais, vendu comme bien national en 1794, devient caserne puis presbytère au XIXe siècle. Acquis par la ville en 1921, il est transformé en hôtel de ville en 1923, avec une salle des délibérations ornée de fresques célébrant l’histoire locale. Les ailes abritent aujourd’hui mairie et bureaux, tandis que les vestiges médiévaux (cheminées, maçonneries du XVe siècle) rappellent les origines du site. Classé Monument Historique en 1954 et 1956, son intérieur est protégé depuis 2022.