Frise chronologique
1673
Ordre de transformation
Ordre de transformation
1673 (≈ 1673)
Louvois commande à Vauban de bastionner le fort.
1674–1707
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1674–1707 (≈ 1691)
Chapelle classique en pierre de Lezennes.
1820
Affectation au génie militaire
Affectation au génie militaire
1820 (≈ 1820)
Fort entièrement dédié au service du génie.
1858
Déclassification des remparts
Déclassification des remparts
1858 (≈ 1858)
Démantèlement des fossés et enceintes.
1910
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
1910 (≈ 1910)
Façade classée monument historique.
1946
Inscription du fort
Inscription du fort
1946 (≈ 1946)
Protection des bâtiments restants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La façade principale de la chapelle : classement par arrêté du 12 décembre 1910 - Les façades et toitures de l'ensemble des bâtiments formant le Fort, à l'exception de la façade classée : inscription par arrêté du 14 juin 1946
Personnages clés
| Vauban - Ingénieur militaire |
Conçoit le remaniement du fort en 1674. |
| Louvois - Ministre de la Guerre |
Ordonne le bastionnement vers la ville. |
| Joseph-Clément de Bavière - Archevêque de Cologne |
Consacre la chapelle en 1707. |
Origine et histoire
Le fort Saint-Sauveur, aussi appelé fort du Réduit, est un ouvrage militaire situé rue du Réduit à Lille, dans le département du Nord. Initialement nommé Fort Campi à l’époque espagnole, il est profondément transformé à partir de 1674 sous la direction de Vauban, dans le cadre du renforcement des défenses de la ville nouvellement française. Ce fort fait partie des cinq réduits conçus par Vauban pour contrôler les populations locales, notamment le quartier populaire et séditieux de Saint-Sauveur. Sa particularité réside dans sa double orientation bastionnée : vers la campagne et vers la ville, permettant de mater d’éventuelles révoltes, comme l’indique une lettre de Louvois à Vauban en 1673.
La chapelle du fort, construite entre 1674 et 1707 en pierre de Lezennes, illustre le style classique militaire du règne de Louis XIV. Sa façade, ornée de pilastres ioniques et corinthiens, de fleurs de lys et d’armes royales, est classée monument historique en 1910. Le reste du fort, désaffecté comme enceinte défensive après 1858, est inscrit en 1946. Les fossés et remparts sont démantelés dans les années 1860 pour laisser place à des espaces urbains, comme l’actuel square Ruault (remplacé par l’Hôtel de ville). Les bâtiments conservés abritent aujourd’hui des services du Génie militaire.
Conçu comme une mini-citadelle, le fort Saint-Sauveur avait pour vocation de stocker munitions et vivres, avec une garnison permanente et un commandant dédié. Vauban le décrit comme un outil de contrôle social, capable de contenir les émotions du quartier Saint-Sauveur, peuplé d’ouvriers et d’artisans sans ressources, réputés pour leur instabilité politique. Après 1820, le site est entièrement affecté au service du génie. Malgré la modernisation post-Seconde Guerre mondiale, il conserve quatre bâtiments d’origine et sa chapelle, sur une emprise de 8 000 m2.
L’architecture intérieure de la chapelle révèle un retable en pierre sculptée, avec des motifs religieux (colombe du Saint-Esprit, Dieu le Père) et une charpente remarquable. Le portail, surmonté d’une tête d’angelot, et les tympans ornés de lauriers encadrant les armes royales soulignent son caractère à la fois militaire et sacré. Le fort, desservi par le métro (station Lille Grand Palais), reste un témoignage rare des stratégies urbaines de Vauban, combinant défense extérieure et contrôle intérieur des populations.