Origine et histoire
L’ancien hôpital et maladrerie de Meursault, fondé au XIIe siècle par Hugues II de Bourgogne, était un établissement roman destiné à isoler les lépreux et soigner les pauvres. Organisé en trois parties (porterie, chapelle, salle des malades), il reflétait les règles strictes de séquestration de l’époque, avec des sorties contrôlées pour les malades, signalées par des cliquettes ou cloches pour éviter la contagion. À son apogée, une centaine de léproseries existaient dans le duché de Bourgogne, témoignant de l’ampleur des épidémies.
En 1358, l’évêque Guillaume II de Thurey cède la maladrerie à l’abbaye Sainte-Marguerite de Bouilland, qui assure les soins et les travaux. En 1760, une ordonnance royale de Louis XV rattache l’établissement aux Hospices de Beaune, marquant un tournant dans sa gestion. Au XIXe siècle, les bâtiments sont reconvertis en ferme agricole, perdant leur vocation médicale. La chapelle et la porterie, caractéristiques de l’architecture romane, sont classées monuments historiques en 1926 et 2003, tandis que des fouilles archéologiques (2012-2014) révèlent des vestiges et permettent une restauration pour une réutilisation municipale.
La chapelle, dotée d’une nef et d’un chœur voûtés, et la grande salle des pauvres, avec sa toiture en lave calcaire, sont aujourd’hui intégrées au projet des Climats de Bourgogne, candidat à l’UNESCO. Le site illustre l’évolution des pratiques médicales et caritatives médiévales, ainsi que les adaptations architecturales au fil des siècles. Les archives mentionnent des visites régulières aux XVIIe et XVIIIe siècles, décrivant une « chambre des pauvres » et des bâtiments annexes (écuries, colombier), partiellement démolis après 1760.
Le monument, propriété de la commune, conserve des éléments romans remarquables, comme les chapiteaux sculptés du porche ou la croix pattée de la porte des malades. Son histoire croisée avec les abbayes locales et les Hospices de Beaune en fait un témoin clé du patrimoine hospitalier bourguignon, entre spiritualité, médecine et vie rurale.