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Ancien hôpital à Semur-en-Auxois en Côte-d'or

Ancien hôpital

    7 Rue de L Hôpital
    21140 Semur-en-Auxois
Propriété d'un établissement public communal
Ancien hôpital
Ancien hôpital
Ancien hôpital
Ancien hôpital
Ancien hôpital
Ancien hôpital
Crédit photo : PIERRE ANDRE LECLERCQ - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
4e quart XVIe siècle
Construction de l’hôtel du Gouverneur
11 juillet 1734
Achat de l’hôtel du Châtelet
1744–1749
Construction aile droite et chapelle
14 septembre 1749
Consécration de la chapelle
1827
Agrandissement salle des hommes
1843–1844
Construction aile Arnault
1964
Bloc médico-chirurgical
1976
Conversion en maison de retraite
juin 2009
Fermeture définitive
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La grille d'entrée en fer forgé : inscription par arrêté du 26 octobre 1927 - L'ancien hôtel du gouverneur, les ailes droite et gauche, en totalité, le mur de clôture de la cour d'honneur, les piliers du portail, le logement du gardien (cad. AD 126) : inscription par arrêté du 21 juin 2010

Personnages clés

Florent-Claude du Châtelet - Dernier occupant de l’hôtel Gouverneur de Semur, époux d’Émilie.
Émilie du Châtelet - Mathématicienne et physicienne Épouse du gouverneur, liée indirectement.
Vincent François - Sculpteur dijonnais Auteur des décors de la chapelle (1745–1748).
Pierre-Marie Arnault - Avocat et donateur Finança l’aile gauche (décédé en 1839).
Roger-Martin Barade - Architecte dijonnais Auteur du bloc chirurgical (1964).

Origine et histoire

L’ancien hôpital de Semur-en-Auxois trouve ses origines dans l’acquisition, en juillet 1744, de l’hôtel du Gouverneur (XVIe siècle) par les administrateurs de l’hôpital Saint-Jacques. Ce bâtiment, initialement propriété de Florent-Claude du Châtelet (gouverneur de Semur et époux d’Émilie du Châtelet), fut transformé pour accueillir des malades. Entre 1744 et 1749, un nouveau corps de bâtiment fut construit à droite de la cour, abritant deux salles de soins (Sainte-Marthe pour les femmes, Saint-Louis pour les hommes) encadrant une chapelle consacrée en 1749. Les travaux impliquèrent des artisans locaux et dijonnais, comme le sculpteur Vincent François ou les maçons Malardié et Sureau.

La chapelle, ornée de voûtes en berceau et d’une arcade en plein-cintre (aujourd’hui murée), communiquait avec les salles par des portes latérales. En 1745, une porte en fer forgé fut ajoutée à l’entrée, tandis qu’une filature de coton, exploitée par des enfants hébergés, fonctionna de 1766 à 1807 dans les jardins. Au XIXe siècle, l’hôpital s’agrandit : la salle des hommes fut prolongée en 1827, et une aile symétrique (dite fondation Arnault) fut édifiée en 1843-1844 grâce à un legs. Des aménagements ultérieurs inclurent un campanile en 1822, des bains en 1853-1854, et un pavillon d’isolement en 1905-1911.

Au XXe siècle, l’hôpital évolua avec la construction d’un bloc médico-chirurgical en 1964 et des rénovations en 1974, avant sa conversion en maison de retraite en 1976. La fermeture définitive intervint en 2009, marquant la fin de six siècles d’histoire hospitalière. Le site, partiellement protégé (grille d’entrée classée en 1927, bâtiments inscrits en 2010), conserve des traces de son passé : marques lapidaires, voûtes d’anse-de-panier, et une cour en U caractéristique. Les matériaux locaux (pierre de Pouillenay, tuiles de Cussy-les-Forges) et les interventions d’architectes comme Lapoton ou Fénéon témoignent de son ancrage régional.

Parmi les détails architecturaux notables, la chapelle présente une inscription latine (VIRGINI INFIRMORUM SALUTI, 1749) et des éléments sculptés par François, dont des chérubins et des mascarons. Les salles de malades, chauffées et dotées de latrines, reflètent les progrès hygiéniques des XVIIIe et XIXe siècles. Le legs de Pierre-Marie Arnault (avocat semurois, décédé en 1839) permit l’extension symétrique de l’aile gauche, tandis que les transformations du XXe siècle (buanderie en 1973, cuisine en 1974) adaptèrent l’espace à des usages modernes. L’ensemble illustre l’évolution des soins et de l’architecture hospitalière en Bourgogne.

Le monument est aussi lié à des figures historiques comme Émilie du Châtelet (mathématicienne et épouse du gouverneur), bien que son rôle direct dans l’hôpital ne soit pas documenté. Les procès-verbaux de 1734 révèlent des préoccupations de décence (masquage des cheminées par des boiseries) et d’organisation spatiale (séparation hommes/femmes lors des offices). La fermeture de la filature en 1807 et la construction du bloc chirurgical en 1964 marquent les transitions économiques et médicales de la région. Aujourd’hui, l’ancien hôpital, propriété communale, reste un témoignage des pratiques caritatives et architecturales de l’Ancien Régime à l’époque contemporaine.

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