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Ancien hôpital des Religieuses de Beaulieu à Issendolus dans le Lot

Ancien hôpital des Religieuses de Beaulieu

    82 Rue du Lavoir
    46500 Issendolus
Propriété de la commune
Ancien hôpital des Religieuses de Beaulieu
Ancien hôpital des Religieuses de Beaulieu
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1236
Fondation de l’hôpital
1259
Rattachement à l’ordre de Saint-Jean
1298
Statuts définitifs
1562
Pillage par les huguenots
1611
Réforme et unification
1792
Destruction révolutionnaire
1921
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Salle capitulaire du couvent de Saint-Jean-de-Jérusalem : classement par arrêté du 4 janvier 1921

Personnages clés

Guibert de Thémines - Fondateur Seigneur local, cofondateur avec Aigline en 1236.
Aigline de Thémines - Cofondatrice et prieure Épouse de Guibert, première dirigeante.
Guillaume de Villaret - Grand-Maître de l’Ordre Auteur des statuts de 1298.
Galiote de Gourdon de Genouillac - Prieure réformatrice (XVIIe) Rebâtit l’église et unifia les maisons.
Sainte Fleur (Flore) - Religieuse (1309–1347) Figure spirituelle de la communauté.
Antoinette de Vassal - Prieure sous la Révolution Dernière dirigeante avant la dispersion.

Origine et histoire

L’hôpital des Religieuses de Beaulieu fut fondé en 1236 par Guibert de Thémines et son épouse Aigline, seigneurs locaux, pour accueillir pèlerins et malades sur la route entre Figeac et Rocamadour. Rattaché en 1259 à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, il devint un prieuré de moniales sous la direction d’une prieure, avec des statuts fixés en 1298 par Guillaume de Villaret, Grand-Maître de l’Ordre. La salle capitulaire, construite au XIIIe siècle et classée en 1921, témoigne de cette époque avec ses voûtes et colonnettes sculptées.

Au fil des siècles, l’hôpital connut des réformes et des destructions. Pillé par les huguenots en 1562, il fut restauré au XVIIe siècle par Galiote de Gourdon de Genouillac, qui fit reconstruire l’église et réformer la communauté. Pendant la Révolution, les bâtiments furent vendus comme biens nationaux, pillés en 1792, et partiellement démantelés pour servir de carrière de pierres. Aujourd’hui, il n’en subsiste que des vestiges, dont la salle capitulaire et des murs d’enceinte.

L’établissement joua un rôle social et religieux majeur, combinant hospitalité, soins aux malades et éducation des jeunes filles. Sous l’Ancien Régime, il abritait jusqu’à 39 religieuses, dirigées par une prieure élue à vie. Son histoire reflète les tensions entre réformes religieuses, conflits armés (guerre de Cent Ans, guerres de Religion) et transformations politiques, jusqu’à sa disparition à la Révolution.

Parmi les figures marquantes, sainte Fleur (1309–1347) entra dans la communauté avant sa mort prématurée. Les prieures successives, comme Aigline de Thémines ou Antoinette de Vassal, marquèrent son évolution, entre crises internes (schismes au XVIIe siècle) et adaptations aux exigences de l’Ordre. Les évêques de Cahors, comme Pons d’Antéjac, soutinrent sa fondation dès 1236.

Les vestiges actuels incluent une partie du mur nord de l’église, des substructions du cloître, et la salle capitulaire, unique espace conservé avec ses banquettes et baies sculptées. Certains éléments, comme un portail, furent déplacés (ex. : chapelle Sainte-Anne de Rocamadour). Le site, propriété communale, reste un témoignage de l’architecture hospitalière médiévale en Quercy.

Liens externes