Origine et histoire
L'ancien hôpital thermal des armées, édifié par le ministère de la Guerre entre 1847 et 1886 à Amélie-les-Bains-Palalda (Pyrénées-Orientales), forme un ensemble bâti et non bâti comprenant bâtiments hospitaliers, thermes et annexes. Il bénéficie d'une source d'eau thermale au lieu-dit « le Gros Escaladou ». Les matériaux employés associent moellon de calcaire pour le gros œuvre et cayrou et grès pour les encadrements des portes et fenêtres. Disposé en U autour d'un jardin d'agrément prolongé par un parc boisé, l'ensemble occupe environ six hectares sur la rive droite du Mondony. Les trois corps de bâtiment forment les trois côtés d'une cour plantée et abritaient logements pour officiers et soldats, locaux de l'intendance et services administratifs ; ils sont élevés sur rez-de-chaussée avec deux étages et un étage de combles. L'entrée s'ouvre sur un couloir axial croisé en son milieu par un couloir longitudinal ; la même distribution se retrouve aux étages, où vingt chambrées par niveau pouvaient recevoir six lits chacune. Le bâtiment central, long de quarante-huit mètres, regroupait au rez-de-chaussée cuisine, magasins, réfectoires et promenoirs, et aux étages des dortoirs pour quatre cents sous-officiers et soldats, organisés en salles bien éclairées et ventilées pouvant être isolées en cas d'épidémie. À l'arrière se trouve le complexe des thermes, en rez-de-chaussée, doté de trois piscines, de plusieurs salles de douche et de baignoire ainsi que de salles de humage et de soins divers. Les salles des piscines et de soins reprennent des caractéristiques de l'architecture romaine : voûtes en berceau plein cintre, larges verrières, jours zénithaux et emploi du marbre, s'inspirant notamment de la grande salle voûtée des thermes romains. L'initiative du projet est liée au général De Castellane, qui fit valoir l'intérêt des bains d'Amélie et participa à l'élévation du village en commune autonome sous le nom d'Amélie. Dès juillet 1843 la construction de l'hôpital thermal des armées est entreprise ; en 1845 Pierre Puiggari, auteur des plans avec Jules François, élargit la roche de la source du Gros Escaldadou pour en augmenter le débit et découvre des objets antiques liés à l'occupation romaine. La première pierre est posée le 3 octobre 1847 par le général De Castellane ; l'hôpital est achevé et ouvert en 1855, puis déclaré permanent en 1860. Élevé avec sa chapelle et ses dépendances, il servit pendant des décennies aux soins des militaires et aux cérémonies commémoratives. L'idée d'un monument aux morts dans le parc, évoquée dès 1922 et relancée en 1933, se concrétise avec l'érection du monument en 1946 devant la chapelle. Dans le cadre d'une restructuration du ministère de la Défense, l'hôpital ferme le 1er juillet 1993 et est remis aux domaines le 31 décembre 1993 ; des inquiétudes sur des projets de transformation privés sont exprimées dès février 1993. La commune achète l'ensemble en 1999 pour 3,87 millions d'euros dans l'intention d'en faire un établissement thermal, puis un centre thermoludique comprenant un centre de remise en forme, un parc de stationnement et un hôtel. L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 15 janvier 2007, qui protège l'ensemble du bâti dans son état historique initial, la chapelle, l'aqueduc, les murs de soutènement et de clôture ainsi que les parcelles correspondantes. En 2014-2015 la municipalité signe une convention avec une société privée pour transformer le site en centre thermoludique, avec une ouverture initialement prévue en 2016, et une partie des logements est vendue à un promoteur en vue d'un hôtel ; des appartements auraient été vendus sur plan sans que les travaux ne soient engagés. Des difficultés financières signalées par la chambre régionale des comptes en 2018 et le non-démarrage des travaux conduisent au blocage du projet ; en février 2019 le site est décrit comme à l'abandon et envahi par la végétation. Le dossier donne lieu à des plaintes et à des procédures judiciaires après des signalements d'escroquerie éventuelle liés à des investissements défiscalisés au titre de la loi Malraux impliquant plusieurs souscripteurs, et aujourd'hui le projet reste bloqué et l'affaire est portée devant la justice.