Frise chronologique
1782
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1782 (≈ 1782)
Bâti par Perrard de Montreuil pour Charles-André de la Corée.
vers 1860
Ajout d’un immeuble de rapport
Ajout d’un immeuble de rapport
vers 1860 (≈ 1860)
Extension liée à l’urbanisation du quartier.
début XIXe siècle (vers 1817)
Aménagement de la salle ovale
Aménagement de la salle ovale
début XIXe siècle (vers 1817) (≈ 1904)
Décors Empire et coupole vitrée ajoutés.
3 février 1993
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
3 février 1993 (≈ 1993)
Protection de l’hôtel et de ses abords.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancien hôtel en totalité ; immeuble de rapport : façades et toitures de l'immeuble sur rue, façades et toitures de son retour en équerre et sol des parcelles (cad. AS 83, 84) : inscription par arrêté du 3 février 1993
Personnages clés
| François-Victor Perrard de Montreuil - Architecte |
Élève de Boullée, concepteur de l’hôtel (1782). |
| Charles-André de la Corée - Commanditaire initial |
Intendant de Bourgogne, premier propriétaire. |
| Comte de Botterel-Quintin - Propriétaire et mécène |
Fit aménager la salle ovale (début XIXe). |
| Dugoure - Décorateur (stucs) |
Auteur des motifs antiques (sphinx, vases). |
| Proud’hon - Peintre |
Réalisa la fresque du plafond (bacchanale). |
Origine et histoire
L’hôtel de Botterel-Quintin d’Aumont, situé au 44 rue des Petites-Écuries dans le 10e arrondissement de Paris, est l’un des rares témoignages de l’âge d’or du quartier Poissonnière. Construit en 1782 par François-Victor Perrard de Montreuil, élève de l’architecte Boullée, il fut initialement commandé par Charles-André de la Corée, alors intendant de la province de Bourgogne. L’édifice illustre le style néoclassique en vogue sous le règne de Louis XVI, avec une structure sobre mais élégante, caractéristique des hôtels particuliers parisiens de l’époque.
Au début du XIXe siècle (vers 1817), le comte de Botterel-Quintin, nouveau propriétaire, fit aménager une salle à manger ovale surmontée d’une coupole vitrée, ornée de marbres, stucs et motifs inspirés de l’Antiquité (sphinx, vases, animaux). Les décors intérieurs, attribués à Dugoure (beau-frère de Bélanger) pour les stucs et à Proud’hon pour la fresque du plafond représentant une bacchanale, reflètent l’influence du style Empire et des découvertes archéologiques de Pompéi. L’escalier, décoré de peintures style pompéien, complète cet ensemble remarquable.
Vers 1860, un immeuble de rapport fut ajouté à l’hôtel, témoignant de l’évolution urbaine du quartier sous le Second Empire. L’ensemble, y compris les façades et toitures de l’immeuble adjacent, fut inscrit aux Monuments Historiques en 1993, reconnaissant sa valeur patrimoniale. Aujourd’hui propriété privée, l’hôtel conserve des éléments architecturaux et décoratifs exceptionnels, bien que son accès reste restreint.
L’hôtel s’inscrit dans l’histoire du faubourg Poissonnière, quartier alors en pleine mutation entre résidences aristocratiques et développement industriel. Son architecture et ses décors incarnent le goût des élites pour l’Antiquité et le confort moderne, tout en illustrant les transformations de Paris au XIXe siècle, entre préservation du patrimoine et adaptation aux besoins urbains.