Origine et histoire
L’hôtel de Galy est un hôtel particulier situé à Millau, dans l’Aveyron, en région Occitanie. Il se compose de deux bâtiments distincts : l’un, au nord, longé par la rue Droite, et l’autre, au sud, formant un L ouvert sur la place Emma-Calvé. Le bâtiment nord, le plus ancien, présente un portail roman restauré du XIIe siècle, des arcades segmentaires et des fenêtres à arcs moulurés en plein cintre ou à linteaux en accolade. Ce portail, en plein cintre à deux rouleaux cantonné de colonnes, s’apparente aux baies médiévales de l’église Notre-Dame de Millau. Il ouvre sur un couloir voûté d’ogives menant à un escalier, modèle récurrent dans l’architecture locale comme à l’hôtel de la Poule et du Renard.
Le second bâtiment, à l’arrière, abrite un escalier monumental du XVIIe siècle, remanié aux XXe siècle (années 1930 et 1980), avec des pilastres doriques, des balustres rampants et un lion sculpté en son sommet. Cet escalier, initialement ouvert comme en témoignent les traces d’arcades superposées sur la façade est, dessert les niveaux supérieurs. La cave voûtée en berceau et les pièces couvertes de voûtes d’ogives suggèrent une origine médiévale, avec des transformations aux XIVe-XVe siècles. Le site, acquis par le baron de Galy, devint une école de jeunes filles en 1826, confiée à des religieuses, avant de devenir une école publique après la laïcisation.
L’hôtel, cédé à la ville de Millau en 1826 par le curé de Notre-Dame, M. Mas, fut transformé en école, entraînant la démolition partielle du corps de logis sud et l’obstruction des loggias. Seule la partie nord-est conserve un intérêt archéologique marqué. Classé monument historique en 1978 pour sa façade nord, son portail roman, son couloir voûté et son escalier, il abrite désormais les locaux de la Communauté des Communes. Son portail du XIIe siècle, proche de la tour des rois d’Aragon, évoque la richesse de ses premiers propriétaires.
Les remaniements successifs, notamment aux XXe siècle, ont intégré des bâtiments administratifs modernes, tout en préservant des éléments médiévaux et classiques. L’escalier Louis XIII, initialement ouvert, et les arcades obstruées rappellent les adaptations fonctionnelles du lieu, passé de demeure aristocratique à établissement scolaire, puis à siège institutionnel. Les pierres de taille en calcaire bleu et les clefs de voûte muettes témoignent de techniques constructives anciennes, tandis que les balustres et pilastres doriques illustrent l’influence classique du XVIIe siècle.