Frise chronologique
1661
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1661 (≈ 1661)
Bâti par Pierre Delisle-Mansart pour Jacques Nourry.
1711
Acquisition par le comte de Mortagne
Acquisition par le comte de Mortagne
1711 (≈ 1711)
Devenu propriété du premier écuyer de la duchesse d’Orléans.
1746-1782
Résidence de Vaucanson
Résidence de Vaucanson
1746-1782 (≈ 1764)
Création d’automates et métiers à tisser.
1783
Création du Cabinet des mécaniques
Création du Cabinet des mécaniques
1783 (≈ 1783)
Premier musée industriel ouvert par Louis XVI.
1800
Transfert du musée
Transfert du musée
1800 (≈ 1800)
Départ pour le prieuré Saint-Martin-des-Champs.
1928
Classement aux monuments historiques
Classement aux monuments historiques
1928 (≈ 1928)
Protection des façades avant et arrière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La façade au fond de la première cour et la façade sur la seconde cour : inscription par arrêté du 19 octobre 1928
Personnages clés
| Pierre Delisle-Mansart - Architecte |
Conçoit l’hôtel en 1661. |
| Jacques Nourry - Chancelier du duc d’Orléans |
Premier propriétaire, commanditaire de la folie Nourry. |
| Antoine de Mortagne - Comte et premier écuyer |
Propriétaire en 1711, donne son nom à l’hôtel. |
| Jacques de Vaucanson - Mécanicien et inventeur |
Y crée automates et métiers à soie (1746-1782). |
| Louis XVI - Roi de France |
Achète l’hôtel en 1783 pour y fonder un musée. |
| Alexandre-Théophile Vandermonde - Conservateur et académicien |
Enrichit le musée de 500 machines (1785-1792). |
Origine et histoire
L’Hôtel de Mortagne, situé aux 51-53 rue de Charonne à Paris, est construit en 1661 par l’architecte Pierre Delisle-Mansart pour Jacques Nourry, chancelier du duc d’Orléans. Initialement nommé folie Nourry, il devient la propriété du comte Antoine de Mortagne en 1711, premier écuyer de la duchesse d’Orléans. Ce lieu marque l’histoire industrielle française : Jacques de Vaucanson, mécanicien et inventeur, y réside de 1746 à 1782 et y conçoit ses automates et métiers à tisser. À sa mort, il lègue ses machines au roi Louis XVI, qui y installe en 1783 le Cabinet des mécaniques du roi, ancêtre du musée des Arts et Métiers.
En 1785, Alexandre-Théophile Vandermonde, membre de l’Académie des sciences, enrichit ce musée de plus de 500 machines. Transféré en 1800 au prieuré Saint-Martin-des-Champs, l’hôtel est ensuite cédé à Grégoire, inventeur d’un métier à tisser le velours, qui y installe sa manufacture en 1814. Après des décennies de déclin, l’hôtel, fortement délabré dans les années 1960, est partiellement restauré. Ses façades avant et arrière sont inscrites aux monuments historiques en 1928, bien que sa visibilité depuis la rue soit aujourd’hui obstruée par un immeuble moderne.
Le quartier de la rue de Charonne, animé depuis le XVIIe siècle, était un foyer artisanal majeur, notamment pour l’ébénisterie et la mécanique. L’hôtel de Mortagne illustre cette double vocation : résidence aristocratique puis lieu d’innovation technique. Son histoire reflète aussi les transformations urbaines de Paris, entre préservation patrimoniale et modernisation, comme en témoignent les débats des années 1990 sur la restauration des immeubles vétustes du faubourg Saint-Antoine.
Un panneau Histoire de Paris aux numéros 51-53 rappelle aujourd’hui son passé. Diderot aurait situé une scène de La Religieuse (1754) dans cet hôtel, bien que cette information reste non confirmée. Le passage Charles-Dallery permet désormais d’apercevoir ses façades historiques, dernières traces de son rôle central dans l’histoire scientifique et artisanale parisienne.