Origine et histoire
L’hôtel Dubarry, ou hôtel Jean du Barry, est un hôtel particulier situé place Saint-Sernin à Toulouse, face à la basilique du même nom. Construit au XVIIIe siècle par Jean-Baptiste Dubarry, il incarne l’opulence de l’Ancien Régime grâce à ses décors luxueux : tapisseries des Gobelins, miroirs, porcelaines de Sèvres, marbres et peintures. L’hôtel, partiellement classé en 1984, fait désormais partie du lycée Saint-Sernin, après avoir été une maison d’éducation religieuse au XIXe siècle.
L’histoire de l’hôtel est liée à Jean du Barry, qui l’édifia en 1777 après avoir été disgracié par la cour de Louis XV. Financé par les rentes royales, le bâtiment rivalisait avec Versailles par son faste : jardins ornementés de grottes artificielles, statues, et même un ours gardant l’entrée d’une grotte. Après la Révolution, Jean du Barry fut guillotiné en 1794, et son mobilier, vendu comme bien national, prit sept jours à inventorier. Les Bénédictines rachetèrent l’hôtel en 1817, y installant une école pour jeunes filles, avant qu’il ne devienne un lycée en 1884.
Le décor intérieur, décrit comme somptueux par des témoins de l’époque comme Mme Cradock en 1785, incluait des tentures de soie, des velours d’Utrecht, et des bronzes antiques. Le jardin, d’environ un arpent, était agrémenté de fabriques (moulins à vent, chaumières, tombeau de Rousseau) et d’animaux exotiques en plomb ou pierre. Malgré des restaurations en 1933, l’hôtel a perdu une grande partie de sa splendeur originale, ne conservant que sa façade, une rampe en fer forgé, et quelques décors peints attribués au Toulousain François-César Derôme.
Classé monument historique en 1984 pour ses façades, son escalier d’honneur et plusieurs pièces intérieures, l’hôtel Dubarry reste propriété de la commune de Toulouse. Des projets de rénovation ont été évoqués, notamment pour en faire une extension du musée Saint-Raymond, mais le manque de financements et l’opposition de la communauté éducative du lycée Saint-Sernin, organisée au sein de l’AHDUB (Association des amis de l’hôtel du Barry), ont retardé ces initiatives. Aujourd’hui, le bâtiment attend une restauration qui préserverait son patrimoine tout en l’intégrant à la vie culturelle toulousaine.