Frise chronologique
1741
Achat du terrain
Achat du terrain
1741 (≈ 1741)
Jean-André Roux acquiert trois parcelles rue Montgrand.
1743-1745
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1743-1745 (≈ 1744)
Édifié par les frères Gérard pour Jean-André Roux.
22 juillet 1756
Réception du maréchal de Richelieu
Réception du maréchal de Richelieu
22 juillet 1756 (≈ 1756)
Première mention de la mayonnaise en France.
1765-1766
Faillite de Georges Roux
Faillite de Georges Roux
1765-1766 (≈ 1766)
Naufrages et incendie ruinent l’armateur.
1805
Vente à la ville de Marseille
Vente à la ville de Marseille
1805 (≈ 1805)
Devenu résidence du préfet Thibaudeau.
1891
Création du lycée de jeunes filles
Création du lycée de jeunes filles
1891 (≈ 1891)
Premier lycée féminin de Marseille.
13 janvier 1997
Classement monument historique
Classement monument historique
13 janvier 1997 (≈ 1997)
Protection des façades et décors intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; atrium ; cage de l'escalier d'honneur ; cheminées et décors intérieurs du XVIIIe siècle et des deux premiers tiers du XIXe siècle (cad. A Préfecture, 6e arrondissement, 251) : inscription par arrêté du 13 janvier 1997
Personnages clés
| Jean-André Roux - Armateur et premier propriétaire |
Commanditaire de l’hôtel en 1743. |
| Georges Roux (dit *de Corse*) - Armateur et héritier |
Organisa des réceptions fastueuses dans l’hôtel. |
| Maréchal duc de Richelieu - Invité d’honneur en 1756 |
Victorieux à Port-Mahon, lié à la légende de la mayonnaise. |
| Préfet A.C. Thibaudeau - Acheteur pour la ville en 1805 |
Transforma l’hôtel en résidence préfectorale. |
| Raoul Busquet - Historien local |
A étudié l’architecture de l’hôtel Roux. |
| Marie Désirée Marseille de Roux - Fille unique de Georges Roux |
Héritière spoliée pendant la Révolution. |
Origine et histoire
L’hôtel Roux de Corse, situé 13 rue Montgrand dans le 6e arrondissement de Marseille, fut construit vers 1745 pour Jean-André Roux, riche armateur marseillais. Issu d’une famille liée au commerce antillais, notamment avec la Martinique, Roux acquiert en 1741 un terrain de 3 400 m2 pour y ériger cet hôtel particulier. Les frères Gérard, architectes présumés, s’inspirent des formes de l’hôtel Daviel, contemporain. À la mort de Jean-André en 1751, son frère Georges, dit Roux de Corse, hérite du bâtiment et y organise des réceptions fastueuses, comme celle du maréchal de Richelieu en 1756, où la mayonnaise aurait été servie pour la première fois en France.
Georges Roux, ruiné par la guerre de Sept Ans (1765-1766), perd ses navires et loue l’hôtel au marquis de Rochechouart en 1774. Après sa mort en 1792, sa fille émigrée ne peut en hériter ; l’hôtel abrite alors une mairie. En 1805, la ville de Marseille l’achète pour en faire la résidence du préfet Thibaudeau, qui y engage d’importants travaux (574 000 francs). Après 1866, l’hôtel devient un lieu culturel (Cercle artistique) avant d’accueillir en 1891 le premier lycée de jeunes filles de Marseille, aujourd’hui intégré au lycée Montgrand.
Classé monument historique en 1997, l’hôtel conserve des éléments remarquables : façades, atrium, escalier d’honneur, et décors intérieurs des XVIIIe et XIXe siècles. Son histoire reflète les mutations de Marseille, des fastes du commerce colonial aux transformations républicaines. Les cheminées, pilastres ioniques et réceptions légendaires en font un témoin privilégié du patrimoine provençal.
L’édifice illustre aussi l’influence des armateurs marseillais au XVIIIe siècle, comme les Roux, dont la fortune reposait sur le commerce avec les Antilles. Leur déclin, lié aux guerres et aux naufrages, marque un tournant dans l’économie locale. L’hôtel, passé des mains privées à l’usage public, symbolise cette transition entre l’Ancien Régime et la modernité républicaine.
Aujourd’hui, le lycée Montgrand perpétue cette mémoire, tout en offrant un cadre architectural préservé. Les sources, comme les travaux de Raoul Busquet ou les archives préfectorales, soulignent son rôle dans l’urbanisme marseillais et son lien avec des figures comme le maréchal de Richelieu ou le préfet Thibaudeau.