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Frise chronologique
vers 1714
Acquisition par Marie Véron
Acquisition par Marie Véron
vers 1714 (≈ 1714)
Veuve achète la propriété d’Auteuil.
1756-1770
Construction de l’hôtel néo-classique
Construction de l’hôtel néo-classique
1756-1770 (≈ 1763)
Louis-Henri Véron remplace l’ancienne demeure.
1777
Rachat par Antoine Chardon
Rachat par Antoine Chardon
1777 (≈ 1777)
Fermier général marque la façade de ses initiales.
1800
Location à Pierre Pérignon
Location à Pierre Pérignon
1800 (≈ 1800)
Salon politique et mondain sous le Consulat.
1819
Mariage de Caroline Dufaÿs
Mariage de Caroline Dufaÿs
1819 (≈ 1819)
Future mère de Charles Baudelaire y réside.
1957
Cession aux Foyers d’Auteuil
Cession aux Foyers d’Auteuil
1957 (≈ 1957)
Devenu école et centre paroissial.
1980
Classement partiel MH
Classement partiel MH
1980 (≈ 1980)
Protection des façades et décors intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 4 décembre 1964 - Façades et toitures ; vestibule d'entrée, y compris son escalier avec la rampe (cad. 16 : 01 BW 17) : classement par arrêté du 17 juillet 1997
Personnages clés
| Marie Véron - Propriétaire initiale |
Acquiert le domaine en 1714. |
| Louis-Henri Véron - Commanditaire de l’hôtel |
Fait construire l’hôtel néo-classique vers 1756-1770. |
| Antoine Chardon - Fermier général |
Achète l’hôtel en 1777, initiales sur l’attique. |
| Pierre Pérignon - Locataire et hôte de salon |
Organise des réceptions en 1800. |
| Caroline Dufaÿs - Résidente et mère de Baudelaire |
Y vit avant son mariage en 1819. |
| Marquis de Casa-Riera - Propriétaire au XIXe siècle |
Morcelle le parc en traçant deux rues. |
Origine et histoire
L’hôtel Véron, dit aussi château d’Auteuil, est un hôtel particulier situé 16 rue d’Auteuil, dans le 16e arrondissement de Paris. Son origine remonte au début du XVIIIe siècle, quand Marie Véron, veuve d’un riche commerçant, acquiert en 1714 une propriété de 3 800 m2 à Auteuil, alors village périphérique. Son fils, Louis-Henri Véron, secrétaire du roi, y fait construire vers 1756-1770 un hôtel néo-classique, remplaçant une ancienne demeure appelée « clos du Buc ». Les initiales du fermier général Antoine Chardon, acquéreur en 1777, ornent encore l’attique côté jardin.
Pendant la Révolution, l’hôtel échappe aux destructions et est loué en 1800 à Pierre Pérignon, homme politique qui y organise un salon fréquenté par l’élite du Consulat. Deux gravures de Berthault et des toiles d’Hubert Robert, aujourd’hui au musée des Arts décoratifs, témoignent de cette époque fastueuse. C’est ici que Caroline Dufaÿs, future mère de Charles Baudelaire, réside avant son mariage en 1819 avec Joseph-François Baudelaire, de 34 ans son aîné.
Au XIXe siècle, l’hôtel passe entre les mains de la famille Chardon-Lagache, qui fonde une maison de retraite voisine en 1857. Le domaine, alors vaste (potagers, serres, pièce d’eau), est morcelé après 1879 par le marquis de Casa-Riera, qui trace les rues Leconte-de-Lisle et Mignet. L’hôtel abrite ensuite un pensionnat pour jeunes filles avant d’être cédé en 1957 aux Foyers d’Auteuil. Classé partiellement en 1980, il conserve une façade ornée de pilastres colossaux et un portail Louis XV rapporté de Lorraine.
La façade sur rue, cour et jardin, ainsi que le vestibule, l’escalier en fer forgé et les salons (avec leurs décors) sont protégés depuis 1980. Le parc, progressivement réduit au XXe siècle, perd une partie de sa pelouse goudronnée dans les années 1960. Un projet de démolition de l’avant-corps, abandonné, aurait altéré son harmonie néo-classique. Aujourd’hui, l’hôtel abrite une école maternelle (Saint-Jean-de-Passy) et un centre paroissial, perpétuant son ancrage local.
Les éléments architecturaux remarquables incluent quatre pilastres cannelés d’ordre colossal, des guirlandes sous les balcons, et un fronton triangulaire. Côté rue, le portail est encadré de deux pavillons reliés par une terrasse, tandis qu’une façade Louis XV, transplantée pierre par pierre depuis la région de Nancy, orne le mur gauche de la cour. Ces détails, relevés par l’historien Jacques Hillairet, soulignent l’éclectisme du monument, entre héritage aristocratique et adaptations modernes.