Origine et histoire
L’ancien institut de zoologie de Nancy, construit en 1933 par les frères Jacques et Michel André, s’inspire de l’architecture moderniste de Frank Lloyd Wright. Ce bâtiment aveugle, conçu pour préserver les collections d’histoire naturelle, abrite aujourd’hui le Muséum-Aquarium de Nancy (MAN), un établissement conjuguant muséum et aquariums. Classé monument historique en 2016, il illustre l’héritage scientifique lorrain, depuis les cabinets de curiosités du XVIIIe siècle jusqu’à sa vocation actuelle de culture scientifique.
Les origines du muséum remontent à 1752, lorsque Stanislas Leszczynski fonde un Collège Royal de Médecine à Nancy, réunissant dix-sept cabinets de curiosités régionaux. Ces collections, composées de fossiles, herbiers et animaux naturalisés, servent d’abord à l’enseignement avant d’être négligées après 1804. Leur sauvegarde et leur enrichissement reprennent en 1854 avec la création de la faculté des sciences, sous l’impulsion de naturalistes comme Dominique-Alexandre Godron.
Au XXe siècle, Lucien Cuénot, directeur du cabinet d’histoire naturelle, impulse la construction d’un nouveau bâtiment pour l’Institut de Zoologie, inauguré en 1933. Les collections s’y centralisent, tandis que les années 1970 voient l’ajout d’aquariums tropicaux sous la direction de Bruno Condé. En 2004, le MAN obtient le label Musée de France, protégeant ses 140 000 spécimens, dont 600 exposés dans la galerie de zoologie rénovée en 2005.
L’architecture du bâtiment, mêlant béton armé et structure métallique, reflète les recherches Art déco des années 1930. Sa façade sans fenêtre, conçue pour préserver les collections, en fait un exemple unique du patrimoine nancéien. Le site, situé rue Sainte-Catherine, inclut aussi l’ancien jardin botanique Godron et un amphithéâtre de 298 places, toujours actif pour des événements scientifiques.
Aujourd’hui, le Muséum-Aquarium allie conservation et pédagogie, avec 57 aquariums présentant 80 espèces d’eau douce et 110 espèces marines. Ses expositions temporaires, comme Poils, du poil de la bête au poil au menton (2020), et ses actions éducatives (visites scolaires, ateliers enfants) en font un lieu vivant de diffusion des sciences, ancré dans l’histoire universitaire lorraine.