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Ancien monastère du Coyroux à Aubazines en Corrèze

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Monastère

Ancien monastère du Coyroux

    D130
    19190 Aubazines
Propriété de la commune
Monastère du Coyroux
Ancien monastère du Coyroux
Ancien monastère du Coyroux
Ancien monastère du Coyroux
Ancien monastère du Coyroux
Crédit photo : Père Igor - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1142
Fondation du monastère
1147
Rattachement à Cîteaux
XIVe siècle
Crise économique
1622
Départ de Jeanne de Badefol
1790
Fermeture révolutionnaire
1988
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Vestiges des bâtiments conventuels et les sols correspondants ainsi que les vestiges et les sols de l'église du monastère (cad. B 604, 2109, 2110, 1616) : classement par arrêté du 13 octobre 1988

Personnages clés

Étienne de Vielzot - Fondateur d’Obazine Initiateur du monastère double.
Jeanne de Badefol - Prieure du Coyroux Quitta le monastère en 1622.
Bernadette Barrière - Archéologue Dirigea les fouilles en 1976.
Guillemine d'Escoraille - Prieure vers 1154 Première prieure mentionnée.
Catherine de Beaufort - Prieure en 1412 Dirigea la communauté médiévale.
Léonarde-Colombe de Ferrières de Sauvebœuf - Supérieure en 1783 Dernière prieure avant la Révolution.

Origine et histoire

Le monastère du Coyroux, fondé en 1142, était un établissement cistercien féminin faisant partie d’une abbaye double avec le monastère masculin d’Aubazine. Les deux communautés, bien que séparées physiquement, étaient placées sous l’autorité de l’abbé d’Aubazine. Les moniales, cloîtrées dans une clôture absolue, dépendaient entièrement des moines pour leur subsistance, recevant nourriture et ressources via un système de sas sécurisé. Le monastère, situé dans un vallon encaissé près du ruisseau Coyroux, fut construit avec des matériaux locaux, moins nobles que ceux utilisés pour le monastère masculin.

La fondation du Coyroux s’inscrit dans la volonté d’Étienne de Vielzot, fondateur d’Obazine, de séparer strictement les communautés masculine et féminine pour des raisons de moralité. En 1147, l’abbaye double fut rattachée à l’ordre de Cîteaux. À son apogée, à la fin du XIIe siècle, le Coyroux abritait 150 moniales. Cependant, dès le XIVe siècle, des difficultés économiques apparurent, notamment en raison du déclin des frères convers chargés des travaux manuels, obligeant l’abbaye à louer ses terres.

Au XVIIe siècle, le monastère connut un déclin démographique et une crise interne, marquée par le départ de la prieure Jeanne de Badefol en 1622, qui fonda un nouveau monastère à Tulle. À la Révolution, en 1790, le Coyroux fut fermé et vendu comme carrière de pierres, conduisant à sa ruine progressive. Au XXe siècle, des fouilles archéologiques, menées en 1976 par Bernadette Barrière, ont permis de mettre au jour les vestiges de l’église et des bâtiments conventuels, classés monuments historiques en 1988.

L’architecture du Coyroux reflète sa condition modeste : construit en gneiss local et jointoyé à la terre, le monastère contrastait avec la qualité des bâtiments masculins d’Aubazine, édifiés en grès taillé. Le site, souvent inondé par les crues du Coyroux, fut aménagé sur une terrasse artificielle, nécessitant le détournement du ruisseau. Les fouilles ont révélé un cloître carré non voûté, un bassin central, et une église remaniée au XIIIe siècle, dont les murs subsistent encore partiellement.

Les moniales vivaient dans une clôture stricte, avec des règles de séparation extrêmes : leur espace dans l’église était limité à la nef, séparée du chœur par une muraille percée d’un treillage de fer. Les échanges avec les moines se faisaient via un guichet étroit pour la communion et un sas pour les provisions. Cette organisation, unique parmi les monastères cisterciens, soulignait leur dépendance totale envers la communauté masculine, tout en leur offrant une autonomie juridique limitée à partir du XIVe siècle.

Aujourd’hui, les vestiges du Coyroux, propriété de la commune d’Aubazines, sont protégés au titre des monuments historiques. Bien que partiellement détruit, le site offre un témoignage rare des monastères doubles médiévaux et de leur fonctionnement économique et social. Les recherches archéologiques continuent d’éclairer son histoire, notamment grâce aux travaux universitaires menés dans les années 1970 et 1980.

Liens externes