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Ancien pont dit Pont romain

Ancien pont dit Pont romain

    D987
    03140 Chantelle
Propriété d'une personne privée
Crédit photo : Patrick Boyer - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
200
300
1200
1600
1700
1800
1300
1900
2000
IIe siècle
Construction possible du premier pont
1210
Destruction par crue
1648
Changement de cours de la Bouble
1840
Découverte de fondations romaines
30 mai 1928
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Pont (ancien) dit Pont romain : inscription par arrêté du 30 mai 1928

Personnages clés

Domitien - Empereur romain (Ier siècle) Effigie sur médailles découvertes
Agrippa - Général et homme d'État romain Effigie sur médailles découvertes
Marcel Prade - Ingénieur et historien des ponts Théorie d'une origine médiévale
Abbé Boudant - Chroniqueur local (XIXe siècle) Témoignage sur la crue de 1648

Origine et histoire

Le pont romain de Chantelle, situé dans le département de l’Allier (Auvergne-Rhône-Alpes), est un édifice en ruine dont l’origine remonte à la période gallo-romaine ou au Moyen Âge. Il franchissait autrefois la Bouble, mais un changement de cours de la rivière au XVIIe siècle l’a isolé en plein champ, à une centaine de mètres de son lit actuel. Composé de trois arches en pierre (3 m, 8 m et 6 m d’ouverture), il conserve des traces de pavage en cailloux et ciment, bien que ses parapets aient disparu. Son appellation de « Pont-Neuf » jusqu’au XIXe siècle suggère une reconstruction ou une confusion historique.

L’hypothèse gallo-romaine s’appuie sur la proximité de Cantilia (Chantelle-la-Vieille), un nœud routier mentionné sur la carte de Peutinger au IIe siècle, où un pont à cinq arches aurait existé avant d’être emporté par une crue en 1210. Lors de la construction d’un pont voisin en 1840, des fondations anciennes et des médailles romaines (à l’effigie de Domitien et d’Agrippa) furent découvertes, renforçant cette théorie. Cependant, l’historien Marcel Prade pencherait pour une origine médiévale, arguant de l’improbabilité de deux ponts contemporains proches.

Le pont fut inscrit aux monuments historiques en 1928, bien qu’il soit aujourd’hui sur un terrain privé. En 1648, une crue de la Bouble modifia son cours, laissant le pont à sec au milieu des champs, comme le décrit l’abbé Boudant en 1862 : « Trois arches sveltes [...] paraissent vouloir longtemps encore résister ». Son état actuel montre des traces d’éperons sur les piles et un blocage de moellons dans les voûtes, tandis que son pavé d’origine subsiste partiellement. Les débats sur sa datation exacte persistent, entre héritage romain et reconstruction médiévale.

Les sources archivistiques (Mérimée, Monumentum) confirment son classement comme « pont (ancien) dit romain », avec une localisation approximative près de la D987, au lieu-dit les Eaux-Salées. Son isolement géographique et son état de conservation en font un témoignage rare des techniques de construction anciennes, bien que son accès soit restreint en raison de sa propriété privée.

Liens externes