Frise chronologique
1831
Construction du premier pont suspendu
Construction du premier pont suspendu
1831 (≈ 1831)
Pont de 150 m conçu par Sauzet.
2 novembre 1843
Destruction par crue millénale
Destruction par crue millénale
2 novembre 1843 (≈ 1843)
Pont emporté, reconstruit en 1845.
17 août 1944
Destruction par les résistants
Destruction par les résistants
17 août 1944 (≈ 1944)
Sabotage pendant la Libération.
6 juillet 1988
Classement des piles néo-romanes
Classement des piles néo-romanes
6 juillet 1988 (≈ 1988)
Inscription aux monuments historiques.
1989
Construction du pont actuel
Construction du pont actuel
1989 (≈ 1989)
Remplacement du pont suspendu.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les piles néo-romanes : inscription par arrêté du 6 juillet 1988
Personnages clés
| Jean-François Théophile Sauzet - Ingénieur et concessionnaire |
Concepteur du premier pont suspendu (1831). |
| Louis-Vincent Chaffard - Maître d'œuvre |
Reconstruit le pont en 1845. |
| Antoine Sartorio - Sculpteur |
Auteur des bas-reliefs du pont de 1935. |
Origine et histoire
Le pont de Mirabeau, situé entre les communes de Mirabeau (Vaucluse) et Jouques (Bouches-du-Rhône), est un ouvrage routier permettant à la route d'Aix-en-Provence à Manosque de traverser la Durance. Ce site stratégique, marqué par un défilé étroit entre falaises calcaires, a vu plusieurs ponts se succéder depuis le XVe siècle, souvent détruits par les crues violentes de la rivière. Les piles néo-romanes actuelles, vestiges du pont suspendu de 1845, sont les seuls éléments conservés et inscrits aux monuments historiques depuis 1988.
Le premier pont suspendu, conçu par Jean-François Théophile Sauzet et achevé en 1835, fut emporté par une crue en 1843. Reconstruit en 1845 sous la direction de Louis-Vincent Chaffard, il devint un point de passage lucratif grâce à son péage. Ce pont, détruit pendant la Première Guerre mondiale, fut remplacé en 1935 par un nouvel ouvrage en béton armé, orné de sculptures symbolisant les quatre départements limitrophes (Alpes-de-Haute-Provence, Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le pont fut bombardé par les Alliés en 1944, puis détruit par les résistants pour ralentir la retraite allemande. Un pont provisoire fut établi par les Américains en août 1944, avant une reconstruction en 1947. Le pont actuel, achevé en 1989, remplace définitivement l’ancien pont suspendu. Les piles néo-romanes, témoins de cette histoire mouvementée, restent les seuls vestiges du XIXe siècle encore visibles.
Le site est également lié à une chanson populaire provençale, Au pont de Mirabèu, évoquant une légende locale autour d’une jeune lavandière et de trois chevaliers. Cette mélodie, aux origines peut-être slaves, illustre l’ancrage culturel du pont dans la tradition orale régionale. Le défilé de Mirabeau, passage obligé depuis l’Antiquité, a toujours joué un rôle clé dans les échanges entre la Provence et les Alpes.