Frise chronologique
1939
Construction du bâtiment
Construction du bâtiment
1939 (≈ 1939)
Érigé le long du quai 1, remplaçant des entrepôts.
1941
Installation de l'équipement Mors
Installation de l'équipement Mors
1941 (≈ 1941)
Dernier poste à leviers d'itinéraires horizontaux.
1964-1965
Modernisation pour l'électrification
Modernisation pour l'électrification
1964-1965 (≈ 1965)
Passage de 80 à 138 leviers avec réutilisation de pièces.
2018
Fin de service après 77 ans
Fin de service après 77 ans
2018 (≈ 2018)
Remplacé par un centre de commande centralisé.
30 janvier 2020
Classement monument historique
Classement monument historique
30 janvier 2020 (≈ 2020)
Protection du bâtiment et de son équipement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L’ancien poste central de la gare ferroviaire, à savoir l’immeuble en totalité avec l’ensemble de son équipement technique, figurant au cadastre section BY, parcelle n°230 : inscription par arrêté du 30 janvier 2020
Personnages clés
| Société Mors - Fabricant de l'équipement d'aiguillage |
Dernier poste mécanique installé et fonctionnel. |
Origine et histoire
Le poste central de la gare de Rennes, construit en 1939 et équipé en 1941 par la société Mors, fut le dernier poste d'aiguillage mécanique de ce type en fonctionnement en Europe. Situé à l’ouest du bâtiment voyageurs, il abritait au rez-de-chaussée un hall et des espaces pour les aiguilleurs, tandis que les étages supérieurs hébergeaient la salle des relais et la cabine de commande avec son combinateur Mors. Son architecture atypique, alignée le long du quai 1 plutôt qu’au centre des voies, reflétait une modernisation ambitieuse du réseau ferré breton.
En 1941, le poste fut équipé d’un système innovant de leviers d’itinéraires horizontaux, technologie déployée par Mors dans seulement six gares françaises, dont Rennes fut la dernière. En 1964, face à l’électrification de la ligne Le Mans-Rennes, l’équipement fut démonté et modernisé, passant de 80 à 138 leviers, avec réutilisation de pièces issues du poste de Caen. Cette rénovation, couplée à l’ajout de tables de contrôle pour les caténaires et signaux, permit son fonctionnement jusqu’en 2018, date de son remplacement par un centre de commande centralisé.
Classé monument historique en 2020 pour son « caractère exceptionnel dans l’histoire des techniques ferroviaires », le bâtiment conserve intact son équipement d’origine, incluant barres, câbles et combinateur Mors. Son extérieur, peint en blanc depuis 1965, et ses aménagements intérieurs (comme la suppression partielle de la coursive en 1990) témoignent des adaptations successives. Aujourd’hui, l’association Rails et Histoire organise des visites lors des Journées du Patrimoine, soulignant son statut de dernier vestige européen de cette technologie.
Le poste central illustre l’évolution des métiers de l’aiguillage, depuis les leviers manuels jusqu’à l’automatisation. Son inscription protège à la fois le bâtiment et l’intégralité de son équipement technique, offrant un témoignage unique des innovations de la société Mors, principale fournisseuse des compagnies ferroviaires françaises au XXe siècle. La réutilisation de pièces du poste de Caen en 1964 et les rénovations ultérieures (1990, 2010) reflètent une volonté constante de préserver ce patrimoine fonctionnel.
Son arrêt définitif en 2018, après 77 ans de service, marqua la fin d’une ère pour les postes d’aiguillage mécaniques en France. Le transfert des commandes vers le nouveau centre de Saint-Hélier, lié à la mise en service de la LGV Le Mans-Rennes, scella son destin de monument patrimonial. Aujourd’hui, sa localisation stratégique — entre le buffet de la gare (1913) et les bâtiments administratifs de la SNCF — en fait un élément clé de l’histoire ferroviaire bretonne, accessible depuis le quai 1 ou le boulevard de Beaumont.