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Ancien prieuré d'Etricor à Étagnac en Charente

Ancien prieuré d'Etricor


    16150 Étagnac
Propriété de la commune
Crédit photo : Ligne11 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1148 (ou 1157/1187)
Fondation du prieuré
1317
Réforme de l'ordre
XVIe siècle (fin)
Destruction partielle
1772
Suppression de l'ordre
1789-1799
Vente comme bien national
29 septembre 1987
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La chapelle ; le sol de la parcelle E 244, située autour de la chapelle, pouvant receler des vestiges archéologiques (cad. E 243, 244) : inscription par arrêté du 29 septembre 1987

Personnages clés

Jean XXII - Pape (1316–1334) Réforma l’ordre de Grandmont en 1317
Saint Étienne de Muret - Fondateur de l’ordre Inspirateur des Grandmontains (ordre religieux)
Princes de Chabanais - Seigneurs locaux Fondateurs du prieuré au XIIe siècle
Mgr du Plessis d'Argentré - Évêque de Limoges Bénéficiaire des revenus après 1772

Origine et histoire

L’ancien prieuré d’Etricor, situé à Étagnac en Charente, est une chapelle de l’ordre de Grandmont fondée au XIIe siècle, placée sous le patronage de Notre-Dame et de saint Pardoux. C’est la plus ancienne église grandmontaine encore existante, bien que les bâtiments monastiques aient disparu. La chapelle, construite en granit, se distingue par son architecture sobre : nef unique voûtée en berceau brisé, abside semi-circulaire éclairée par un triplet de fenêtres romanes, et un portail nord à trois voussures en arc brisé. À l’origine, elle servait de lieu de culte pour les moines et les fidèles locaux, avec une porte sud (aujourd’hui murée) donnant sur le cloître.

La fondation du prieuré, appelée celle, remonte entre 1148 et 1187, grâce aux princes de Chabanais, sur un territoire appartenant aux chanoines de Lesterps. Initialement indépendant, Étricor fut rattaché en 1317 à l’abbaye-mère de Grandmont lors de la réforme de l’ordre par le pape Jean XXII. Le prieuré bénéficia de nombreux dons (terres, moulins, droits de pêche) au fil des siècles, mais ses bâtiments furent détruits à la fin du XVIe siècle par un seigneur huguenot. Au XVIIIe siècle, les lieux, réduits à deux exploitations agricoles, rapportaient entre 700 et 800 livres annuelles à l’abbaye.

La suppression de l’ordre de Grandmont en 1772 entraîna le transfert des revenus à l’évêché de Limoges, endetté. Vendue comme bien national pendant la Révolution, la chapelle fut rendue au culte en 1886. En 2001, la commune d’Étagnac en devint propriétaire, avec l’aide de l’association des amis d’Étricor pour son entretien. Un pèlerinage en l’honneur de saint Pardoux, vénéré par les paysans, perdure encore en octobre. La chapelle et son sol sont inscrits aux monuments historiques depuis 1987.

Architecturalement, la chapelle illustre l’austérité grandmontaine : murs latéraux aveugles pour symboliser la lumière divine traversant d’est en ouest, absence de décoration superflue. Le portail nord, réservé aux fidèles, contraste avec la porte sud murée, autrefois réservée aux moines. L’abside, légèrement plus large que la nef, abrite un triplet de fenêtres romanes en plein cintre, encadré par des contreforts. Une statue du XIVe siècle de saint Pardoux, insérée dans le mur sud, témoigne de la dévotion locale.

Les sources historiques, dont les travaux de Dom Jean Becquet, soulignent l’importance d’Étricor comme témoin précoce de l’architecture grandmontaine. Malgré les destructions et les changements de propriété, la chapelle reste un lieu de mémoire et de culte, géré aujourd’hui par la municipalité. Son inscription aux monuments historiques protège également le sol environnant, susceptible de receler des vestiges archéologiques des bâtiments disparus.

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