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Ancien prieuré Saint-Vincent-de-Broussan à Bellegarde dans le Gard

Gard

Ancien prieuré Saint-Vincent-de-Broussan

    Broussan
    30127 Bellegarde
Propriété privée
Ancien prieuré Saint-Vincent-de-Broussan
Ancien prieuré Saint-Vincent-de-Broussan
Ancien prieuré Saint-Vincent-de-Broussan
Ancien prieuré Saint-Vincent-de-Broussan
Ancien prieuré Saint-Vincent-de-Broussan
Crédit photo : Marianne Casamance - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
milieu du XIe siècle
Fondation du prieuré
1156
Première mention écrite
XIVe siècle (avant 1320) - 1789
Période seigneuriale d'Uzès
3 juillet 1792
Séquestre révolutionnaire
22 juillet 1796
Vente comme bien national
1855
Fin de l’indivision
11 octobre 1984
Classement Monument Historique
2011
Restauration du site
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise (cad. E4 647) : classement par arrêté du 11 octobre 1984 ; Parties anciennes des bâtiments (corps de logis au Nord-Ouest et aile au Nord-Est de la cour) (cad. E4 646, 647) : inscription par arrêté du 11 octobre 1984

Personnages clés

Guiote de Posquières - Héritière et épouse de Robert Ier d’Uzès Transmet Broussan en dot (1341) à la maison d’Uzès.
Robert Ier d’Uzès - Vicomte d’Uzès (XIVe siècle) Époux de Guiote, reçoit Broussan en héritage.
Raymond d’Uzès - Fils de Guiote, seigneur de Broussan Hérite du domaine par donation maternelle (1341).
Jean Bruel - Premier acquéreur révolutionnaire (1796) Achète le domaine comme bien national.
Alexandre Gérard - Négociant lyonnais (fin XVIIIe) Rachète le domaine en 1796, le revend faute de gestion.
Adrien-François-Emmanuel de Crussol - Duc d’Uzès (XIXe siècle) Rachète une part du domaine en 1816.
Henry Révoil - Architecte (XIXe siècle) Restaure la chapelle (1854) et en décrit l’architecture (1873).

Origine et histoire

Le prieuré Saint-Vincent-de-Broussan, situé à Bellegarde dans le Gard (Occitanie), est un ensemble architectural médiéval centré autour d’une église romane du XIIe siècle, classée Monument Historique en 1984. Ce site, traversé par un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle au départ de Saint-Gilles, fut un lieu stratégique mêlant spiritualité, agriculture et pouvoir seigneurial. Les bâtiments actuels, organisés autour d’une cour, conservent des traces des XIIe et XVe siècles, avec des éléments comme une tourelle polygonale ou des chapiteaux sculptés.

Édifié vers le milieu du XIe siècle sur un emplacement occupé depuis la Préhistoire, le prieuré fut lié dès 1156 au chapitre de Nîmes par une bulle papale. Du XIVe siècle à la Révolution, la seigneurie de Broussan appartint à la maison d’Uzès, transmise par héritage via Guiote de Posquières, épouse de Robert Ier d’Uzès. Pendant la Révolution, le domaine, confisqué comme bien national en 1792, changea plusieurs fois de mains avant d’être partiellement racheté en 1855 par le duc d’Uzès, mettant fin à une indivision de près de 50 ans.

L’église, dédiée à Vincent de Saragosse (patron des vignerons), resta un lieu de culte jusqu’en 1926. Son architecture combine des éléments romans (nef voûtée en berceau, chapiteaux ornés de sirènes ou d’entrelacs) et des ajouts postérieurs, comme un portail « à la flamande » ou une baie du XVIe siècle. La chapelle et les bâtiments adjacents, dont deux salles voûtées du XVe siècle, furent restaurés en 2011 par la Communauté de Communes Beaucaire Terre d’Argence, qui en assure aujourd’hui la gestion et propose des visites guidées.

Le site illustre aussi les bouleversements révolutionnaires : vendu comme bien national en 1796 à Jean Bruel, puis cédé à Alexandre Gérard, il fit l’objet de spéculations avant d’être partiellement récupéré par les héritiers d’Uzès au XIXe siècle. La délimitation des propriétés en 1858, actée par un bornage, marqua la fin des conflits successoraux. Aujourd’hui propriété privée pour partie, le prieuré reste un témoignage des liens entre pouvoir religieux, noblesse locale et patrimoine architectural en Languedoc.

Classée Monument Historique en 1984, l’église romane se distingue par son sanctuaire en cul-de-four moins élevé que la nef, ses arcatures aveugles en façade, et une inscription réemployée évoquant la prise de Bellegarde par les Catholiques en 1570. Les études architecturales, notamment celles d’Henry Révoil (1873), soulignent son originalité dans le diocèse de Nîmes. Les bâtiments agricoles, avec leur tourelle d’escalier polygonale, complètent ce site emblématique de l’histoire médiévale et moderne du Gard.

Liens externes