Origine et histoire
L’ancienne abbaye de Belmont-sur-Rance, aujourd’hui connue sous le nom d’église collégiale Notre-Dame-de-l’Assomption, trouve ses origines au Xe siècle. Selon les sources, Diaphronisse, épouse d’Aton vicomte d’Albi, fonde ou dote un monastère bénédictin vers 942. Ce monastère adopte en 1146 la règle de saint Augustin, suivant l’observance des chanoines de Saint-Ruf. L’édifice actuel, entièrement reconstruit entre 1515 et 1524, marque une transition architecturale majeure, mêlant des éléments gothiques flamboyants à une structure adaptée aux besoins d’une collégiale.
La reconstruction du XVIe siècle donne naissance à un édifice unique, où la nef, réduite à deux travées, semble secondaire face à l’imposant clocher-porche en grès rouge. Ce dernier, de plan carré, est surmonté d’une flèche octogonale entourée de quatre clochetons reliés par des arcs-boutants. La salle des chanoines, située au-dessus du porche, servait de lieu de réunion au chapitre. L’église est ceinturée de onze chapelles, dont trois entourent l’abside, une disposition rare. Les fenêtres, au nombre de dix-huit, arbore des réseaux de trèfles, flammes et quatre-feuilles, typiques du gothique flamboyant.
Classée monument historique en 1929, l’église a fait l’objet d’une restauration en 1845, dirigée par l’architecte Xavier Mouls. Son histoire reflète les évolutions religieuses et architecturales de la région, depuis ses débuts bénédictins jusqu’à son rôle de collégiale sous l’Ancien Régime. Le site, propriété de la commune, conserve des traces de son passé abbatial, bien que sa fonction première ait été transformée par les reconstructions successives.
Le monastère initial, fondé au Xe siècle, illustre l’influence des seigneurs locaux et des réformes religieuses médiévales. L’adoption de la règle de saint Augustin au XIIe siècle s’inscrit dans un mouvement plus large de réforme des communautés canoniales en Occitanie. La reconstruction du XVIe siècle, quant à elle, coïncide avec une période de prospérité régionale, marquée par le développement des villes et le mécénat des élites locales, soucieuses de moderniser les édifices religieux.
L’architecture de l’église, avec son clocher massif et ses chapelles latérales, témoigne d’une volonté de monumentalité, peut-être liée à l’affirmation du pouvoir du chapitre collégial. Les détails sculptés, comme le tympan représentant l’Assomption de la Vierge, soulignent l’importance du culte marial dans la région. Le choix du grès rouge, matériau local, ancré l’édifice dans son territoire, tout en offrant une polychromie caractéristique des constructions aveyronnaises de la Renaissance.