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Ancienne abbaye en Lozère

Ancienne abbaye

    45 Rue de la Combe
    48210 Gorges du Tarn Causses
Propriété de la commune
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
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Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Crédit photo : Szeder László - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIe siècle
Fondation initiale
951
Restauration par Étienne de Mende
XIIe siècle
Apogée architectural
1491
Droit d’annulation des aliénations
1790
Sécularisation révolutionnaire
1932
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Aile du levant ; salle voûtée à l'extrémité de l'aile Nord, avec la cheminée contenue dans cette aile ; petite chapelle adossée au rempart : classement par arrêté du 12 août 1932

Personnages clés

Saint Ilère - Évêque du Gévaudan (VIe siècle) Fondateur du premier monastère à Burlatis.
Sainte Énimie - Princesse mérovingienne (VIIe siècle) Figure légendaire liée aux reliques et pèlerinages.
Étienne de Mende - Évêque restaurateur (Xe siècle) Rétabli le monastère en 951 sous Saint-Benoît.
Dalmace - Premier prieur bénédictin (Xe siècle) Obtint l’indépendance seigneuriale du monastère.
François Alamand - Premier abbé commendataire (XVe siècle) Protégea les biens monastiques via un bref papal.
Jean-Arnaud de Castellane - Évêque de Mende (1790) Sécularisa l’abbaye avant sa destruction révolutionnaire.

Origine et histoire

L’abbaye de Sainte-Enimie trouve ses origines au VIe siècle, lorsque saint Ilère, évêque du Gévaudan, fonde un premier monastère à Burlatis. Ce site tombe rapidement en désuétude, et bien que la vie de sainte Énimie (VIIe siècle) mentionne sa présence, aucun document ne confirme l’activité monastique avant le Xe siècle. Les ruines sont alors abandonnées jusqu’à leur restauration en 951 par l’évêque Étienne de Mende, qui confie le monastère à l’ordre de Saint-Benoît sous la direction de Dalmace, moine du Velay. Ce dernier obtient l’indépendance seigneuriale du site, transformant le territoire en sauveté (terre exempte de suzeraineté laïque), ce qui donne son nom au causse de Sauveterre.

Au XIIe siècle, le monastère, désormais sous la dépendance de l’abbaye de Saint-Chaffre-en-Velay, connaît un essor lié au pèlerinage autour des reliques de sainte Énimie. Les moines bénédictins y développent une vie spirituelle active, et le site devient un lieu d’influence régionale, son prieur siégeant aux États particuliers du Gévaudan. Au XVe siècle, le monastère est peut-être élevé au rang d’abbaye commendataire, avec François Alamand comme premier titulaire. Ce dernier, protonotaire apostolique, obtient en 1491 d’Innocent VIII le droit d’annuler les aliénations des biens monastiques, consolidant ainsi son patrimoine.

La Révolution française marque la fin de l’abbaye : sécularisée en 1790 par l’évêque Jean-Arnaud de Castellane, elle est vendue comme bien national, puis partiellement détruite. Aujourd’hui, il n’en subsiste que l’ancien réfectoire (salle voûtée du XIIe siècle) et la chapelle romane Sainte-Madeleine, classés monuments historiques en 1932. La légende locale attribue la fondation du site à sainte Énimie, princesse mérovingienne guérie de la lèpre par les eaux des Gorges du Tarn, bien que les bâtiments actuels ne remontent pas au-delà du XIIe siècle.

Architecturalement, les vestiges forment un ensemble en équerre, avec une aile méridionale remaniée (cheminée du XVe siècle) et une longue salle voûtée en berceau à colonnes engagées, typique de l’art roman provençal. Une petite chapelle romane, adossée au rempart, complète l’ensemble. Ces éléments illustrent l’importance passée du monastère, à la fois centre spirituel, lieu de pèlerinage et symbole de pouvoir ecclésiastique dans le Gévaudan médiéval.

Liens externes