Frise chronologique
vers 589
Fondation par saint Léobard
Fondation par saint Léobard
vers 589 (≈ 589)
Moines irlandais et soutien de Childebert II
824
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction
824 (≈ 824)
Confiée à Drogon, frère de Louis le Pieux
971
Consécration de l’abbatiale
Consécration de l’abbatiale
971 (≈ 971)
Par l’évêque Erchenbald de Strasbourg
1710
Installation des orgues Silbermann
Installation des orgues Silbermann
1710 (≈ 1710)
Parmi les dernières conservées en Alsace
1747-1751
Reconstruction bâtiments conventuels
Reconstruction bâtiments conventuels
1747-1751 (≈ 1749)
Sous l’abbé Placide Schweighaeuser
1792
Suppression révolutionnaire
Suppression révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Vente comme bien national
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers en France
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise abbatiale Saint-Etienne (ancienne) : classement par liste de 1840 ; Parties suivantes de l'aile abritant les granges dimières et les caves : façades, charpentes et toitures d'origine ; éléments intérieurs d'origine (caves voûtées, sols dallés de pierre, . . . ) (cad. 3 158, 177, 179, 180, 282 181, 182, 183) : inscription par arrêté du 3 janvier 1991
Personnages clés
| Saint Léobard - Fondateur de l’abbaye |
Disciple de Colomban, moine irlandais |
| Childebert II - Roi d’Austrasie |
Financeur de la fondation (589) |
| Saint Maur - Cinquième abbé |
Introduit la règle bénédictine (VIIIᵉ) |
| Drogon - Évêque de Metz |
Reconstruit l’abbaye après 824 |
| Placide Schweighaeuser - Abbé reconstructeur |
Bâtiments conventuels (XVIIIᵉ siècle) |
| André Silbermann - Facteur d’orgues |
Auteur des orgues de 1710 |
| Albert Schweitzer - Organiste et mécène |
Restauration des orgues (1955) |
Origine et histoire
L’ancienne abbaye Saint-Étienne de Marmoutier, dans le Bas-Rhin, fut fondée vers 589 par des moines irlandais menés par saint Léobard, disciple de Colomban de Luxeuil. Soutenue financièrement par le roi d’Austrasie Childebert II, elle adopta la règle bénédictine au VIIIe siècle sous l’abbé saint Maur, qui lui donna son nom actuel (Mauri Monasterium). Détruite par deux incendies (VIIe et 824), elle fut reconstruite et enrichie par les rois mérovingiens, devenant une abbaye royale prospère jusqu’au XIIe siècle.
La façade romano-byzantine de l’église, datant des XIe-XIIe siècles, et ses orgues de 1710 – œuvres du facteur André Silbermann – sont ses trésors les plus remarquables. Après un déclin marqué par la guerre des Paysans (1525) et la guerre de Trente Ans (1618-1648), l’abbaye connut un renouveau au XVIIIe siècle sous les abbés Anselme Moser et Placide Schweighaeuser, qui firent reconstruire le chœur et les bâtiments conventuels. La Révolution française mit fin à son existence monastique ; seuls subsistent aujourd’hui l’abbatiale (devenue paroissiale) et des vestiges classés dès 1840.
L’intérieur de l’église, de style ogival (XIVe siècle), abrite des boiseries sculptées du XVIIIe siècle et quatre tombeaux Renaissance de la famille des Géroldseck. Les cloches, dont une de 1707, et les orgues – restaurées en 1955 grâce à l’organiste Albert Schweitzer – témoignent de son patrimoine sonore exceptionnel. Les bâtiments conventuels, vendus comme biens nationaux après 1792, abritent aujourd’hui la mairie et le presbytère. Des fouilles (1974-1983) ont révélé des traces de la fondation mérovingienne, confirmant son ancienneté.
Située sur la Route romane d’Alsace, entre Saverne et Wasselonne, l’abbaye illustre l’influence irlandaise dans la christianisation de la région et les liens entre pouvoir royal et institutions religieuses. Son déclin reflète les bouleversements politiques et sociaux de l’Alsace, des invasions suédoises (1621) à la sécularisation révolutionnaire. Classée parmi les premiers Monuments Historiques de France, elle reste un symbole du patrimoine alsacien, mêlant architectures romane, gothique et baroque.