Frise chronologique
1079
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
1079 (≈ 1079)
Création par Anselme II de Bouchain et Gérard II de Cambrai
7 octobre 1086
Consécration de la première église
Consécration de la première église
7 octobre 1086 (≈ 1086)
Sous le vocable de Saint-Sauveur
1096
Légendaire tournoi d’Anchin
Légendaire tournoi d’Anchin
1096 (≈ 1096)
300 chevaliers pour l’inauguration du monastère
1182-1250
Construction de la nouvelle église abbatiale
Construction de la nouvelle église abbatiale
1182-1250 (≈ 1216)
Lancée par Baudouin V de Hainaut
1562
Fondation du collège d’Anchin
Fondation du collège d’Anchin
1562 (≈ 1562)
Affilié à l’université de Douai
1790-1792
Fermeture et démolition
Fermeture et démolition
1790-1792 (≈ 1791)
Vendue comme bien national pendant la Révolution
30 mai 1990
Classement des vestiges
Classement des vestiges
30 mai 1990 (≈ 1990)
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble des vestiges comprenant le sol, l'entrée (le pont, le portail, les deux pavillons) , le pavillon sis à proximité de l'ancienne pièce d'eau (cad. A 238, 239, 242 à 257, 869, 870) : inscription par arrêté du 30 mai 1990
Personnages clés
| Anselme II de Bouchain - Comte d’Ostrevent |
Donateur des terres pour la fondation |
| Gérard II - Évêque de Cambrai |
Cofondateur de l’abbaye en 1079 |
| Gossuin - Moine savant et enlumineur |
Dirigea l’école d’enluminure de l’abbaye |
| Baudouin V - Comte de Hainaut |
Lança la construction de l’église en 1182 |
| Henri Benoît Stuart - Cardinal d’York |
Dernier abbé commendataire avant 1790 |
| Jehan Bellegambe - Peintre douaisien |
Auteur du *Retable d’Anchin* (1511) |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Sauveur d’Anchin, fondée en 1079 sur une île marécageuse de Pecquencourt (Nord), fut un haut lieu bénédictin des XIe-XIIIe siècles. Selon la légende, sa création résulte de la réconciliation entre deux seigneurs ennemis, Sohier de Loos et Gautier de Montigny, guidés par un rêve commun vers l’île de Gordaine, où un ermite du VIIIe siècle aurait vécu. L’abbaye, dédiée au Sauveur, fut dotée par Anselme II de Bouchain et Gérard II, évêque de Cambrai, puis consacrée en 1086.
Au Moyen Âge, Anchin devint un foyer intellectuel et artistique, abritant un atelier de copistes et une école d’enluminure dirigée par Gossuin, disciple de Bernard de Clairvaux. En 1182, Baudouin V de Hainaut lança la construction d’une nouvelle église abbatiale (105 m de long), consacrée en 1250. L’abbaye joua aussi un rôle éducatif en fondant en 1562 le collège d’Anchin à Douai, confié aux Jésuites jusqu’en 1764.
La Révolution française marqua sa fin : déclarée bien national en 1790, elle fut vendue en 1792 à François-Joseph Tassart et démolie. Ses trésors furent dispersés : le Retable d’Anchin (1511) est aujourd’hui au musée de Douai, son orgue de 1732 transféré à la collégiale Saint-Pierre, et ses manuscrits médiévaux conservés à la bibliothèque municipale. Les vestiges, inscrits en 1990, rappellent son rayonnement passé.
L’île d’Anchin (ou Aquicinctum), ceinte par les marais de la Scarpe, abritait aussi des légendes locales, comme celle du tournoi de 1096 réunissant 300 chevaliers pour l’inauguration du monastère. Saint Gordaine, ermite du VIIIe siècle, y aurait bâti une église avant d’être inhumé à Douai. Une fontaine et une source à Montigny-en-Ostrevent perpétuent son souvenir, célébré chaque 16 octobre.
À son apogée, l’abbaye possédait des domaines étendus et générait 300 000 livres de rente, offrant à son dernier abbé, le cardinal Henri Benoît Stuart, un revenu annuel de 93 000 livres. Sa suppression en 1790 symbolisa la fin des institutions religieuses d’Ancien Régime dans la région, alors marquée par l’industrialisation naissante et les bouleversements politiques.