Origine et histoire
L’ancienne abbaye de Saint-Martin de Tours, fondée au Ve siècle sur le tombeau de saint Martin, fut l’un des plus grands sanctuaires chrétiens d’Occident. Reconstruite à plusieurs reprises (XIe, XIIIe–XVe siècles), elle devint une collégiale après 817, desservie par des chanoines. Son rayonnement attira pèlerins et rois, comme Clovis Ier en 508 ou Louis XI, dont les obsèques y eurent lieu en 1483. La basilique romane, en déclin depuis le XVIIIe siècle, fut démolie après 1797, ne laissant que deux tours et une galerie de cloître.
Au XIIIe siècle, l’abbaye fut enrichie d’un cloître gothique, bordé plus tard de maisons canoniales Renaissance. Les vestiges (tour Charlemagne, tour de l’Horloge, cloître) furent classés monuments historiques dès 1840. La basilique actuelle, néo-byzantine, fut édifiée entre 1886 et 1902 sur l’emplacement du chevet médiéval, abritant toujours la crypte et le tombeau de saint Martin. Des fouilles ultérieures révélèrent des fondations enfouies sous la ville moderne.
La tour Charlemagne, partiellement effondrée en 1928, et la tour de l’Horloge symbolisent aujourd’hui ce patrimoine. Le site conserve aussi des fragments de peintures murales du XIIIe siècle et une chapelle basse médiévale, classée en 1965. La statue monumentale de saint Martin, restaurée en 2016, domine le dôme de la basilique moderne, perpétuant le culte martinien.
L’abbaye joua un rôle clé dans l’histoire religieuse : son scriptorium carolingien produisit des manuscrits enluminés, et son titre d’abbé laïc fut porté par les rois de France de Hugues Capet à 1789. La Révolution dispersa ses reliques, mais des découvertes (comme celles de Marcolès en 1667) et des restaurations permirent de préserver sa mémoire.
Le cloître Renaissance, débuté en 1508 par Bastien François, mêle motifs gothiques et ornements italiens, témoin de la transition artistique du XVIe siècle. La basilique actuelle, plus modeste, intègre des cryptes dédiées à saint Louis et Grégoire de Tours, ainsi qu’un orgue du XIXe siècle. Le site reste un lieu de commémoration, comme en 2025 avec une plaque aux victimes d’abus dans l’Église.