Rédaction de la Passion Ve-VIe siècles (≈ 650)
Période estimée de la rédaction initiale du récit de la Passion de saint Pons.
Entre 774 et 800
Restauration carolingienne
Restauration carolingienne Entre 774 et 800 (≈ 800)
Charlemagne restaure le tombeau de saint Pons selon une inscription sur un chancel.
999
Charte de renaissance
Charte de renaissance 999 (≈ 999)
Acte de donation marquant la renaissance de l'abbaye après les incursions sarrasines.
IXe-Xe siècles
Premiers manuscrits
Premiers manuscrits IXe-Xe siècles (≈ 1050)
Apparition des premiers manuscrits relatant la Passion de saint Pons.
1543
Ravage du monastère
Ravage du monastère 1543 (≈ 1543)
Destruction partielle de l'abbaye lors du siège de Nice.
1724
Reconstruction baroque
Reconstruction baroque 1724 (≈ 1724)
Début de la reconstruction de l'église dans le style baroque.
1792
Fermeture de l'abbaye
Fermeture de l'abbaye 1792 (≈ 1792)
Fermeture de l'abbaye par le roi Victor-Amédée III de Sardaigne.
1808
Décret impérial
Décret impérial 1808 (≈ 1808)
Concession pour un petit séminaire décidée par décret impérial.
1828
Concordat
Concordat 1828 (≈ 1828)
Concordat maintenant l'abbaye comme propriété de l'État affectée au culte.
1898
Vente à la ville
Vente à la ville 1898 (≈ 1898)
Décret autorisant la vente du monastère à la ville de Nice.
1910
Construction de l'hôpital
Construction de l'hôpital 1910 (≈ 1910)
Début de la construction de l'hôpital Pasteur intégrant l'ensemble abbatial.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 3 mai 1913 - Façades et toitures de l'abbaye et du cloître : inscription par arrêté du 29 décembre 1949
Personnages clés
Charlemagne
Empereur carolingien ayant restauré le tombeau de saint Pons.
Victor-Amédée III de Sardaigne
Roi ayant fermé l'abbaye en 1792.
Saint Pons
Martyr chrétien à l'origine de la fondation de l'abbaye.
Origine et histoire de l'Abbaye Saint-Pons
L'ancienne abbaye Saint-Pons, située dans l'enceinte de l'hôpital Pasteur à Nice (Alpes-Maritimes, Provence‑Alpes‑Côte d'Azur), figure parmi les plus anciens monastères de la Côte d'Azur. L'église est classée au titre des monuments historiques (arrêté du 3 mai 1913) et les façades et toitures de l'abbatiale et du cloître sont inscrites par arrêté du 29 décembre 1949. La tradition place la fondation de l'abbaye au haut Moyen Âge et la rattache à la mémoire du martyr Pontius (saint Pons), dont la Passion a été transmise dans une trentaine de manuscrits dont les plus anciens datent des IXe‑Xe siècles ; l'examen littéraire situe la rédaction initiale de ce récit au plus tôt entre les Ve et VIe siècles. Selon la légende, Pontius, converti au christianisme, fut martyrisé à Cimiez et inhumé sur le site où s'élèvera l'abbaye ; une chapelle‑martyrium subsista sur le roc du martyre jusqu'en 1925. Des vestiges carolingiens témoignent d'une intervention au haut Moyen Âge : cinq fragments d'un chancel attribué à l'époque carolingienne portent une inscription mentionnant la restauration du tombeau sous l'impulsion de Charlemagne, la titulature utilisée permettant de situer cet épisode entre 774 et 800. Dès son organisation, le monastère fut confié aux bénédictins et doté de vastes possessions, ce qui fit de l'abbaye un centre spirituel, intellectuel et économique rayonnant dans la région. Après les destructions causées par les incursions sarrasines, l'abbaye se reconstitua à la fin du premier millénaire grâce à d'importantes donations, dont l'acte de 999 est considéré comme charte fondatrice de sa renaissance. Au Moyen Âge l'abbé détenait de larges prérogatives temporelles et spirituelles et l'abbaye possédait de nombreux prieurés et dépendances, contribuant à la fondation ou à la gestion d'églises dans la région. La domination et l'influence de Saint‑Pons furent cependant progressivement érodées : par bulle pontificale le monastère fut rattaché à l'abbaye Saint‑Victor de Marseille, il fut mis en commende au XVe siècle, et des portions de ses domaines furent cédées à d'autres institutions religieuses aux XVIe et XVIIe siècles. Le monastère fut ravagé lors du siège de Nice en 1543 et connut ensuite une lente fragmentation de ses ressources et de sa vie communautaire. Fermé en 1792 par le roi Victor‑Amédée III de Sardaigne, ses biens furent réunis au domaine princier ; sous la Révolution le monastère servit d'hôpital militaire et ses domaines furent vendus. Après des périodes de séquestre et des tentatives diverses d'affectation — concession pour un petit séminaire décidée par décret impérial en 1808 qui n'aboutit pas — un concordat intervint en 1828 et l'abbaye, restée propriété de l'État, demeura affectée au culte. En 1835 les Oblats de la Vierge Marie furent appelés à l'abbaye, puis regroupés et maintenus jusqu'à l'extinction de leur communauté après les lois du milieu du XIXe siècle ; l'abbaye passa à l'État français en 1860. Un décret de 1898 autorisa la vente du monastère à la ville de Nice, qui transforma le couvent en annexe hospitalière ; l'église resta sous séquestre avant d'être érigée en paroisse en 1914. La construction de l'hôpital Pasteur débuta en 1910 et, inauguré en 1937, il intègre toujours l'ancien ensemble abbatial. Sur le plan architectural, l'église fut reconstruite à partir de 1724 dans le style baroque, avec un plan ellipsoïdal et des façades et terrasses aux formes arrondies ; le cloître et l'ensemble monastique conservent des éléments notables aujourd'hui protégés au titre des monuments historiques.