Origine et histoire de l'Abbaye du Trésor-Notre-Dame
L’abbaye Notre-Dame-du-Trésor, fondée vers 1220 par Raoul de Bus dans le Vexin normand, est une des dernières implantations cisterciennes de la région. Affiliée à Clairvaux, elle bénéficie du soutien de Blanche de Castille et de Saint Louis, qui y séjournent à plusieurs reprises. Son église abbatiale, consacrée en 1232 par l’archevêque Maurice de Rouen, est achevée avant 1250. L’abbaye, prospère jusqu’au XVIIIe siècle, accueille jusqu’à 79 religieuses et 33 abbesses issues de l’aristocratie, comme les Montmorency ou Marie Gabrielle Élisabeth de Richelieu.
Au XVIIe siècle, le logis de l’abbesse est reconstruit, et en 1735, un portail monumental est érigé, témoignant de sa vitalité tardive. Cependant, la Révolution transforme l’abbaye en bien national : une partie est démolie, le reste converti en exploitation agricole. Au XIXe siècle, elle appartient brièvement à François Robert Drony, maire de Gasny. Des fouilles en 2007 révèlent des vestiges archéologiques, tandis que des mesures conservatoires tentent de préserver les ruines, dont la branche sud du transept, le bâtiment des moniales (60 mètres de long), et le portail classé.
L’abbaye conserve aujourd’hui des éléments protégés depuis 1989 (logis de l’abbesse, clôture, moulin) et 1992 (vestiges de l’église, aire abbatiale, étang-réservoir). Le site, partiellement ouvert au public, propose des chambres d’hôtes et des locations pour événements. Son réseau hydrographique historique, incluant un vivier maçonné, rappelle son ancien système hydraulique monacal. La dernière abbesse, Marie-Jeanne Vissec de Ganges, dirigeait une communauté réduite à 21 religieuses à la fin du XVIIIe siècle.
Le blason de l’abbaye, d’azur à une croix d’or cantonnée de quatre besants du même, symbolise son prestige passé. Malgré les destructions révolutionnaires, les vestiges — comme la salle capitulaire, le dortoir ou le portail daté de 1732 — offrent un aperçu de son architecture cistercienne, mêlant XIIIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Son classement parmi les Monuments historiques souligne son importance patrimoniale en Normandie.