Patrimoine classé
Eglise, y compris les sous-sols et les galeries entourant le chevet ; avant-choeur des religieuses, son escalier octogonal, choeur des religieuses et galeries qui le bordent, ancienne sacristie des ecclésiastiques, ancienne sacristie des religieuses ; façades et toitures des bâtiments situés de chaque côté de la façade de l'église ; murs de clôture situés à droite et à gauche de la cour d'honneur, mur de clôture sur rue et grille qui le surmonte, statue de Larrey ; façades et toitures des bâtiments entourant la cour du cloître ; à l'intérieur de ces bâtiments : galeries du rez-de-chaussée et du premier étage ouvrant sur la cour du cloître, escalier d'Anne d'Autriche, ancienne salle capitulaire (cuisine), escalier d'honneur en pierre et ses dégagements au rez-de-chaussée et au premier étage, ancienne cuisine (bibliothèque), ancien réfectoire (salle d'honneur) ; dans le bâtiment Sud : escalier, vestibule et palier d'arrivée au premier étage, pavillon d'Anne d'Autriche, y compris le salon et la cheminée ; façades et toitures du bâtiment entourant au Nord, à l'Ouest et au Sud la cour de Broussais ; ancien regard des eaux intégré dans ce bâtiment ; statue de Broussais ; façades et toitures du bâtiment au Nord de la cour de l'église ; escalier intérieur du XVIIe siècle et sa rampe en fer forgé ; tous les sols et la végétation situés dans le périmètre suivant : à l'Ouest, rue Saint-Jacques et limites mitoyennes jusqu'au boulevard de Port-Royal ; au Sud, boulevard de Port-Royal jusqu'à l'extrémité orientale de la promenade des malades ; à l'Est, limite extérieure de la promenade des malades ; au Nord, limites mitoyennes jusqu'à la rue Saint-Jacques : classement par arrêté du 16 novembre 1964 ; Totalité du sol et du sous-sol des parcelles contenant les fondations de l'ancienne abbaye ; escalier dit de Mansart ; trou de service du Pavillon de la Reine ; carrières souterraines ainsi que les graffiti et inscriptions topographiques (cad. 05 : 03 BE 36 ; 05 : 03 BF 80) : classement par arrêté du 1er mars 1990
Personnages clés
| Anne d’Autriche - Reine de France et fondatrice |
Commanditaire de l’abbaye en ex-voto pour Louis XIV. |
| Louis XIV - Roi de France |
Assiste à la pose de la première pierre enfant. |
| François Mansart - Architecte initial |
Conçoit la façade et le dôme, inspiré du classicisme. |
| Jacques Lemercier - Architecte |
Reprend les plans de Mansart pour l’abbaye. |
| Pierre Mignard - Peintre décorateur |
Auteur de *« La Gloire des Bienheureux »* (1663). |
| Michel Anguier - Sculpteur |
Crée le groupe de la Nativité du maître-autel. |
| Gabriel Le Duc - Maître d’œuvre |
Réalise le baldaquin inspiré de Saint-Pierre de Rome. |
| Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d’orgues |
Conçoit l’orgue transféré en 1891. |
Origine et histoire de l'Abbaye du Val-de-Grâce
L’abbaye royale du Val-de-Grâce fut fondée en 1624, mais sa première pierre ne fut posée qu’en 1645 par Anne d’Autriche et le jeune Louis XIV, en remerciement pour la naissance de l’héritier. Les travaux, interrompus par la disgrâce de la reine, reprirent en 1655 sous la direction de François Mansart, puis de Jacques Lemercier, Pierre Le Muet et Gabriel Le Duc. L’église, achevée cette même année, incarne le style baroque classicisant français, avec une façade à colonnes jumelées et un dôme orné par Pierre Mignard. Son baldaquin, inspiré de celui de la basilique Saint-Pierre de Rome, encadre un groupe sculpté de la Nativité par Michel Anguier.
Désaffectée pendant la Révolution, l’abbaye devint en 1793 l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, tandis que l’église, temporairement transformée en magasin, fut rendue au culte en 1826. Le maître-autel et la crèche d’Anguier, démontés en 1790, furent remplacés au XIXe siècle par des répliques. L’orgue actuel, construit par Aristide Cavaillé-Coll en 1853 pour le Panthéon, fut transféré en 1891 et restauré en 1993. Classé monument historique en 1964, le site conserve des éléments souterrains, comme les carrières et l’escalier dit de Mansart.
L’église, endommagée par l’explosion de la rue Saint-Jacques en 2023, reste un témoignage architectural majeur. Son plan en croix latine, son dôme et sa façade à deux étages reflètent l’influence de Mansart, tandis que les sculptures de Michel et François Anguier, ainsi que les peintures de Mignard, soulignent son lien avec la cour royale. Le baldaquin, symbole de sa splendeur passée, inspira même une copie au Québec. Aujourd’hui, le Val-de-Grâce allie patrimoine religieux, médical et musical, avec un orgue Cavaillé-Coll encore en usage.
La dédicace latine « IESU NASCENTI VIRGINIQ(UE) MATRI », gravée sur le fronton, rappelle son origine d’ex-voto royal pour la naissance de Louis XIV. Anne d’Autriche y associa étroitement sa propre maternité à celle de la Vierge, thématique reprise dans les œuvres d’art. Les architectes et artistes, formés auprès de maîtres italiens comme Le Bernin, y fusionnèrent influences classiques et baroques. La transformation en hôpital militaire sauva l’édifice de la destruction, unlike nearby convents like les Ursulines.
Le musée du Service de santé des Armées, associé au site, perpétue son histoire médicale. Les protections successives (1964, 1990) couvrent aussi les sous-sols, les galeries du cloître, et l’escalier d’Anne d’Autriche. Les graffiti des carrières et les inscriptions topographiques offrent un aperçu rare de la vie monastique. L’orgue, classé en 1979, est l’un des derniers témoins parisiens de la facture originale de Cavaillé-Coll, restauré pour retrouver sa sonorité d’origine.