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Ancienne abbaye à Lucq-de-Béarn dans les Pyrénées-Atlantiques

Pyrénées-Atlantiques

Ancienne abbaye

    83 Place de l'Eglise
    64360 Lucq-de-Béarn
Crédit photo : Emeltet - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 970
Fondation bénédictine
1000
Premier cartulaire
1562
Partage de l’église
août 1569
Destruction par les protestants
1608
Restitution catholique
1613
Arrivée des Barnabites
1791
Vente comme bien national
1984
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise abbatiale (cad. BO 32) : inscription par arrêté du 28 décembre 1984 ; Façades et toitures des bâtiments situés au Sud de l'église ; sol de la cour, située entre ces bâtiments et l'église (cad. BO 30, 31, 33, 34) : inscription par arrêté du 29 août 1986 ; Bâtiment en ruine (cad. BO 29) : classement par arrêté du 8 février 1990

Personnages clés

Guillaume Sanche - Duc de Gascogne Fonda l’abbaye vers 970.
Garcia de Vasconie - Premier abbé bénédictin Parent de Guillaume Sanche.
Jeanne d'Albret - Reine de Navarre Promut le protestantisme en Béarn.
Gabriel Ier de Montgomery - Chef protestant Dirigea le saccage de 1569.
Henri IV - Roi de France Rendit l’abbaye aux catholiques en 1608.
Maurice Olgiati - Barnabite italien Missionnaire de la Contre-Réforme.

Origine et histoire

L’abbaye de Lucq-de-Béarn, située dans les Pyrénées-Atlantiques, fut fondée vers 970 par Guillaume Sanche, duc de Gascogne, comme monastère bénédictin dédié à saint Vincent. Elle devint l’une des trois abbayes les plus influentes du Béarn, enrichie par des dons et des dots de nobles. Son cartulaire, datant de l’an 1000, mentionne les termes « crestians », désignant les cagots, et reflète son importance religieuse et sociale. L’abbaye prospéra dans un terroir forestier, axé sur l’élevage, les céréales et la vigne, tout en dépendant partiellement de l’évêque d’Oloron.

Au XVe siècle, l’abbaye déclina en raison du relâchement de la règle bénédictine, réduisant les moines à une douzaine. Les idées réformées, introduites par Marguerite de Navarre, gagnèrent Lucq dans les années 1550. En 1562, l’église abbatiale fut partagée entre catholiques et protestants, et en 1569, elle fut ravagée par les troupes protestantes de Gabriel de Montgomery, détruisant cloître et maison abbatiale. Les biens de l’abbaye furent saisis en 1569, et l’église servit de temple protestant pendant quarante ans.

Sous Henri IV, l’abbaye fut rendue au culte catholique en 1608, et les Barnabites, chargés de reconvertir les protestants, la relevèrent partiellement à partir de 1613. Malgré ces efforts, elle ne retrouva jamais sa prospérité passée. Vendue comme bien national en 1791, elle devint partiellement le Château Madiou. L’église, classée monument historique en 1984, conserve des éléments romans (abside, absidioles) et des traces défensives (tour-clocher), tandis que les bâtiments conventuels, partiellement restaurés, témoignent de son histoire mouvementée.

Les vestiges actuels incluent une tour octogonale du XVe siècle, classée en 1990, et des bâtiments reconvertis en habitation, où s’installèrent les Barnabites. L’abbaye illustre ainsi les bouleversements religieux et politiques du Béarn, des origines bénédictines à la Révolution, en passant par les guerres de Religion et la Contre-Réforme.

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