Frise chronologique
538
Fondation de l'oratoire
Fondation de l'oratoire
538 (≈ 538)
Oratoire saint Georges bâti par Clotilde.
avant 646
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
avant 646 (≈ 646)
Par la reine Bathilde, épouse de Clovis II.
680/681
Mort de Bathilde
Mort de Bathilde
680/681 (≈ 681)
Inhumée dans l’abbaye, sainte patronne.
833
Translation des reliques
Translation des reliques
833 (≈ 833)
Sarcophage de Bathilde déplacé par Helvide.
1198–1216
Rattachement au Saint-Siège
Rattachement au Saint-Siège
1198–1216 (≈ 1207)
Bulle du pape Innocent III.
1792
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Vendue comme bien national en 1796.
1974
Classement des vestiges
Classement des vestiges
1974 (≈ 1974)
Cloître et sols de l’église abbatiale.
1984
Classement des églises
Classement des églises
1984 (≈ 1984)
Sainte-Croix et Saint-Georges protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Restes du cloître, y compris son aire ; sol de l'ancienne église abbatiale (cad. AV 278, 283 à 288, 307, 311) : classement par arrêté du 15 octobre 1974 - Anciennes églises Sainte-Croix et Saint-Georges (cad. AV 659) : classement par arrêté du 13 septembre 1984
Personnages clés
| Clotilde - Reine des Francs |
Fonda l’oratoire saint Georges en 538. |
| Sainte Bathilde - Reine et fondatrice |
Agrandit l’abbaye, y fut inhumée. |
| Saint Éloi - Conseiller royal |
Soutien probable de l’abbaye. |
| Helvide - Abbesse carolingienne |
Transféra les reliques de Bathilde. |
| Adélaïde d’Orléans - Abbesse (1719–1734) |
Fille du Régent, influencée par le jansénisme. |
| Jean-Baptiste Morin - Maître de musique |
Nommé en 1719, compositeur. |
| Pierre Levasseur de Roche - Maître de musique |
Mort en 1762, inhumé dans l’abbaye. |
Origine et histoire
L’abbaye de Chelles fut fondée avant 646 par la reine Bathilde, épouse de Clovis II, qui y agrandit un oratoire mérovingien dédié à saint Georges, construit en 538 par Clotilde. Bathilde y fut inhumée après sa mort en 680/681, et l’abbaye devint un lieu de culte royal, soutenu par saint Éloi, conseiller de la reine. L’établissement accueillit des femmes de la dynastie carolingienne, comme l’abbesse Helvide, qui transféra les reliques de Bathilde en 833.
Pendant la guerre de Cent Ans, l’abbaye souffrit comme la plupart des institutions religieuses, mais connut un renouveau réformateur aux XVe–XVIe siècles. Les religieuses de Chelles contribuèrent alors à réformer treize autres abbayes, dont Montmartre et le Val-de-Grâce. Au XIIe siècle, l’abbaye fut placée sous l’autorité directe du Saint-Siège, tout en conservant des liens avec la couronne.
L’abbaye déclina au XVIIIe siècle : Mademoiselle d’Orléans, fille du Régent, en devint abbesse en 1719, influencée par le jansénisme. Le compositeur Jean-Baptiste Morin y fut maître de musique. Fermée en 1792 pendant la Révolution, elle fut vendue comme bien national en 1796 et détruite. Il en subsiste les églises Sainte-Croix (XIIIe siècle) et Saint-Georges (XIe–XIIe siècles), ainsi que des vestiges du cloître intégrés à la mairie.
Les fouilles archéologiques du XXe siècle ont révélé des fragments de sculptures du XIIe siècle, conservés au musée Alfred-Bonno. Les jardins de l’abbaye correspondent aujourd’hui au parc Émile-Fouchard. Les éléments protégés (cloître, sols de l’église abbatiale, églises) sont classés monuments historiques depuis 1974 et 1984.
Parmi les figures marquantes, on compte Bathilde, fondatrice et sainte patronne ; Helvide, abbesse carolingienne ; et Adélaïde d’Orléans, abbesse au XVIIIe siècle. Des musicien·ne·s comme Pierre Levasseur de Roche (maître de musique mort en 1762) et Jean-Baptiste Morin y exercèrent. L’abbaye posséda aussi des vignobles, vendus en 1179 au Chapitre de Paris.