Frise chronologique
vers 530
Fondation par Wulfin
Fondation par Wulfin
vers 530 (≈ 530)
Création du monastère Saint-Wulfin, probablement bénédictin.
XIe siècle
Passage aux augustiniens
Passage aux augustiniens
XIe siècle (≈ 1150)
Transformation en abbaye augustinienne sous Robert de Nevers.
1199
Pillage pendant un conflit
Pillage pendant un conflit
1199 (≈ 1199)
Bataille entre Hervé de Donzy et Pierre II de Courtenay.
fin XIIe siècle
Apogée de l'abbaye
Apogée de l'abbaye
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Influence égale au prieuré de La Charité.
1567
Destruction pendant les guerres de Religion
Destruction pendant les guerres de Religion
1567 (≈ 1567)
Abbaye presque entièrement ruinée par les protestants.
1996
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1996 (≈ 1996)
Protection des vestiges restants de l'abbaye.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parties de l'ancienne église Saint-Laurent et des bâtiments du prieuré Saint-Laurent situées sur les parcelles n° 172, 173 et 174, figurant au cadastre section A, et la parcelle non cadastrée située sur l'emplacement de l'ancienne nef entre les parcelles 619 et 173 : classement par arrêté du 18 juillet 1996 ; Les parties suivantes de l'ancienne abbaye Saint-Laurent : les vestiges de l'église, les sols et la construction adossée aux vestiges dans la mesure où elle occupe l'emplacement de la nef, en totalité, situés sur les parcelles 619 et 621, section A, 1 place de la Mairie, les murs nord, ouest et sud de l'ancienne église, ainsi que le mur sud du collatéral nord et les sols situés sur les parcelles 618, 620 et 622, section A, 2 route de Villiers, le bâtiment nord du cloître en totalité, à l'exception de la construction moderne adossée au nord, situé sur la parcelle 710, section A, 4 route de Villiers, les façades et toitures du bâtiment ouest du cloître, situé sur la parcelle 710, section A, 4 route de Villiers, du cadastre de la commune, telles que délimitées sur le plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 11 février 2025
Personnages clés
| Wulfin - Fondateur du monastère |
Prince royal, créa le monastère vers 530. |
| Robert de Nevers - Évêque d'Auxerre (1076-1084) |
Confia le monastère aux augustiniens. |
| Dongion - Premier abbé augustinien |
Dirigea l'abbaye au XIe siècle. |
| Hervé de Donzy - Seigneur local |
Impliqué dans la bataille de 1199 près de l'abbaye. |
| Pierre II de Courtenay - Comte de Nevers |
Adversaire d'Hervé de Donzy en 1199. |
| François de Dinteville - Évêque d'Auxerre (1530-1554) |
Ordonna une réforme de l'abbaye en 1548. |
Origine et histoire
L'abbaye Saint-Laurent-lès-Cosne, aussi appelée Saint-Laurent-des-Aubats, fut fondée vers 530 par Wulfin, prince de sang royal, sous le nom de monastère Saint-Wulfin. Initialement bénédictin, l'établissement devint une abbaye augustinienne au XIe siècle. Située à 10 km au sud de Cosne-sur-Loire dans la Nièvre, elle fut une étape importante pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Son apogée, à la fin du XIIe siècle, la plaça parmi les établissements religieux les plus influents de la région, rivalisant avec le prieuré de La Charité.
Au cours de son histoire, l'abbaye subit de nombreux pillages et destructions. En 1199, elle fut ravagée lors d'un conflit entre Hervé de Donzy et Pierre II de Courtenay. Pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453), elle fut à nouveau malmenée, tout comme lors des guerres de Religion au XVIe siècle, où elle fut presque entièrement détruite en 1567. Malgré des restaurations au XVIIe siècle, l'abbaye déclina progressivement et fut supprimée avant la Révolution française. En 1816, un incendie acheva de détruire une partie des bâtiments, et le clocher s'effondra en 1948.
Les vestiges actuels datent principalement du XIIe siècle, avec une église de grande taille dont il ne reste que des fragments, comme deux arcades de la nef et des éléments sculptés. Le cloître et certains bâtiments conventuels, partiellement conservés, témoignent de son importance passée. L'abbaye était un centre économique et spirituel majeur, possédant de nombreuses terres, moulins, vignes et fermes dans la région. Elle joua également un rôle clé dans la gestion des paroisses locales, comme celle de Saint-Eusèbe d'Auxerre, qu'elle administra pendant plusieurs siècles.
L'abbaye fut dirigée par des abbés influents, comme Dongion, considéré comme le premier abbé au XIe siècle, ou Étienne de Saint-Maurice au XIVe siècle. Parmi ses possessions, on comptait des églises comme Saint-Pierre-du-Trépas à Nuzy ou la chapelle de Pontchevron. Son architecture, marquée par une coupole sur trompes et des chapiteaux sculptés, reflétait son prestige. Aujourd’hui, les ruines, partiellement classées monument historique depuis 1996, rappellent son riche passé.
La vie monastique à Saint-Laurent fut marquée par des réformes, notamment au XVIe siècle, où l'abbaye fut critiquée pour son état de « dérangement ». Malgré des tentatives de redressement, comme celle de l'évêque François de Dinteville en 1548, le déclin s'accéléra. Au XVIIIe siècle, il ne restait plus que deux religieux, et l'abbaye fut supprimée avant la Révolution. Certains éléments architecturaux, comme des chapiteaux du XIIe siècle, sont aujourd’hui conservés au musée des beaux-arts de Philadelphie.
Saint-Laurent-l'Abbaye, village né autour de l'abbaye, perpétue son héritage. Les vestiges, bien que fragmentaires, offrent un aperçu de son importance historique. L'abbaye fut un lieu de pouvoir, de culture et de spiritualité, marqué par des conflits, des reconstructions et une influence durable sur la région. Son histoire reflète les bouleversements politiques et religieux qui ont traversé la Bourgogne et la France du Moyen Âge à l'époque moderne.