Origine et histoire de la Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption
La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption d’Entrevaux, construite entre 1609 et 1630 dans un style gothique post-médiéval, remplace l’ancienne cathédrale romane de Glandèves. Son édification est décidée en 1604 par l’évêque Octave Isnard après le transfert du siège épiscopal à Entrevaux en 1603, motivé par des raisons défensives. Le chantier, marqué par la participation de plusieurs maîtres-maçons, s’achève vers 1630 pour la structure, tandis que le clocher et la décoration intérieure sont terminés dans les années 1650-1660. L’église, orientée nord-est en raison du site exigu, est intégrée aux remparts en 1692, son clocher crénelé servant de tour de défense.
Classée monument historique en 1996, la cathédrale se distingue par son plan à nef unique de 40 mètres de long, voûtée sur croisées d’ogives, et son chœur pentagonal moins élevé. Son mobilier, partiellement classé, inclut des retables du XVIIe siècle, des stalles en noyer, et un orgue de 1717 restauré aux XIXe et XXe siècles. L’édifice reflète aussi l’histoire religieuse locale : siège de l’évêché de Glandèves de 1624 à 1790, puis église paroissiale, avant de devenir en 2009 le siège d’un évêché titulaire.
La construction s’inscrit dans un contexte de réorganisation ecclésiastique et militaire. Le site de Glandèves, jugé vulnérable, est progressivement abandonné au profit d’Entrevaux, ville fortifiée plus sûre. Quatre évêques jouent un rôle clé dans les travaux : Clément Isnard, Jean-Dominique Ithier, Henri Hachette des Portes, et René Leclerc. Des réparations majeures sont attestées en 1837 (voûtes), 1850 (escalier), et 1980-1987 (toiture, clocher).
Le mobilier liturgique comprend des œuvres notables comme un retable de 1716, un tableau de François Mimault (1631), et des reliquaires des XVIIIe et XIXe siècles. Les vitraux, limités à trois sur la façade sud, et l’absence de chapelles latérales soulignent l’adaptation de l’édifice à son environnement contraint. La porte du clocher en noyer (XVIIe-XVIIIe siècle) et les plats de quête en cuivre (XVIe siècle) témoignent de la richesse patrimoniale préservée.
L’orgue, classé, illustre l’importance musicale de la cathédrale. Construit en 1717 par Jean Eustache, il est restauré en 1864 et 1948. La cathédrale, aujourd’hui propriété communale, reste un symbole du patrimoine religieux et défensif provençal, lié à l’histoire des Alpes-de-Haute-Provence et à l’ancien diocèse de Glandèves.