Frise chronologique
1209
Patronage de saint Maurice
Patronage de saint Maurice
1209 (≈ 1209)
Simon de Montfort place l’église sous ce vocable.
1289
Inondation destructrice
Inondation destructrice
1289 (≈ 1289)
Première église emportée, ville déplacée sur la rive gauche.
6 mai 1298
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
6 mai 1298 (≈ 1298)
Début de la construction actuelle par Jean I de Lévis.
26 septembre 1317
Création de l’évêché
Création de l’évêché
26 septembre 1317 (≈ 1317)
Bulle *Salvator noster* de Jean XXII.
1506
Achèvement du clocher
Achèvement du clocher
1506 (≈ 1506)
Flèche de 60 m construite sous Philippe de Lévis.
1858–1859
Restauration par Viollet-le-Duc
Restauration par Viollet-le-Duc
1858–1859 (≈ 1859)
Élargissement de la nef à 21,40 m.
22 mars 1907
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
22 mars 1907 (≈ 1907)
Protection officielle de l’édifice.
1981
Classement de l’orgue
Classement de l’orgue
1981 (≈ 1981)
Orgue Link de 1891 protégé au titre objet.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cathédrale : classement par arrêté du 22 mars 1907
Personnages clés
| Jean I de Lévis-Mirepoix - Seigneur et fondateur |
Pose la première pierre en 1298. |
| Jacques Fournier (Benoît XII) - Évêque puis pape |
Commande des plans à Pierre Poisson. |
| Philippe de Lévis - Évêque bâtisseur (XVIe s.) |
Agrandit la cathédrale et construit le clocher. |
| Pierre Poisson - Architecte |
Conçoit des plans pour Jacques Fournier. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte-restaurateur |
Restaure et unifie le style en 1858–1859. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments Historiques |
Supervise la restauration au XIXe siècle. |
Origine et histoire
La cathédrale Saint-Maurice de Mirepoix trouve son origine dans une première église dédiée à saint Maurice, détruite par une inondation en 1289. La construction de l’édifice actuel débuta en 1298 sous l’impulsion de Jean I de Lévis-Mirepoix, mais s’étala sur six siècles en raison de financements intermittents et de crises comme la guerre de Cent Ans ou la peste de 1361. Jacques Fournier, futur pape Benoît XII, commanda des plans à Pierre Poisson, architecte du palais des papes d’Avignon, sans que ceux-ci ne soient pleinement réalisés.
Au XVIe siècle, l’évêque Philippe de Lévis mena des travaux majeurs : il dégagea la cathédrale des maisons adjacentes, agrandit l’édifice et érigea le clocher octogonal de 60 m, achevé en 1506, abritant seize cloches dont un bourdon de deux tonnes. Il ajouta aussi une porte Renaissance et un porche. Après son épiscopat, l’édifice souffrit de négligence, de pillages révolutionnaires et de la suppression de l’évêché en 1790, perdant une partie de son mobilier.
Restaurée entre 1858 et 1859 par Eugène Viollet-le-Duc et Prosper Mérimée, la cathédrale fut profondément remaniée : la nef fut élargie à 21,40 m (record pour une nef gothique languedocienne), des arcs-boutants ajoutés, et la voûte enfin construite. Viollet-le-Duc unifia un édifice jusqu’alors dissymétrique et inachevé, bien que ses interventions aient suscité des controverses. Classée monument historique en 1907, elle abrite un orgue allemand de 1891 (classé en 1981), un labyrinthe dans la chapelle privée de Philippe de Lévis, et des clefs de voûte sculptées par le maître de Rieux.
Parmi les éléments remarquables figurent le carrelage peint de la chapelle épiscopale (fermée au public en raison de sa fragilité), des statues en bois doré du XVIIIe siècle, et des peintures des XVIIe–XVIIIe siècles. Le porche nord, datant du XVe siècle, était relié à l’évêché par une tribune voûtée, illustrant l’intégration du pouvoir religieux dans l’architecture. Malgré les vicissitudes de son histoire, la cathédrale reste un témoignage majeur du gothique méridional, marqué par des influences locales et des réinterprétations modernes.