Frise chronologique
1616
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1616 (≈ 1616)
Installation des Carmes déchaussés par Isabelle d’Espagne.
1623
Achèvement de l’église
Achèvement de l’église
1623 (≈ 1623)
Première construction du lieu de culte.
1645-1669
Reconstruction de l’église
Reconstruction de l’église
1645-1669 (≈ 1657)
Après l’incendie de 1645, édifice rebâti.
1790-1800
Expulsion et réaffectation militaire
Expulsion et réaffectation militaire
1790-1800 (≈ 1795)
Couvent transformé en réserve, église en écurie.
1856
Rétrocession aux sœurs
Rétrocession aux sœurs
1856 (≈ 1856)
Natalie Doignies obtient le site pour les Filles de l’Enfant-Jésus.
1934
Classement monument historique
Classement monument historique
1934 (≈ 1934)
Inscription par arrêté ministériel.
1991
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
1991 (≈ 1991)
Remplace l’ancienne Sainte-Marie-Madeleine désaffectée.
Années 2000
Reconversion en Cité de l’Évangile
Reconversion en Cité de l’Évangile
Années 2000 (≈ 2000)
Lieu d’exposition permanente sur la foi.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle des Carmes Déchaussées (ancienne) : inscription par arrêté du 19 mars 1934
Personnages clés
| Isabelle d’Espagne - Fondatrice avec son époux |
Installa les Carmes déchaussés à Lille en 1616. |
| Archiduc Albert d’Autriche - Co-fondateur du couvent |
Époux d’Isabelle, soutint l’implantation religieuse. |
| Natalie Doignies - Bienfaitrice au XIXe siècle |
Obtint la cession du site à Napoléon III. |
| Napoléon III - Empereur cédant le domaine |
Accorda le couvent aux sœurs en 1854. |
| Jacques Van Oost le Jeune - Peintre inspirant le retable |
Auteur de *L’Enfant Jésus tendant les bras à la croix*. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Marie-Madeleine, située au 59 rue de Gand à Lille, est l’ancienne chapelle des Carmes déchaussés, fondée en 1616 sous l’impulsion d’Isabelle d’Espagne et de l’archiduc Albert d’Autriche. Ce couvent, établi près de la Porte de Gand, fut construit dans un contexte de Contre-Réforme, avec une église achevée en 1623. Les religieux, vivant dans une pauvreté extrême, se consacraient à la prédication et aux conférences pour le peuple. Le site subit plusieurs incendies (1625, 1638 pour le couvent ; 1645 pour l’église), nécessitant des reconstructions, notamment celle de l’église entre 1646 et 1669, consacrée en 1676 par l’évêque de Tournai.
Pendant la Révolution française, les religieux furent expulsés, et le couvent fut transformé en réserve militaire, tandis que l’église servit d’écurie. Les biens confisqués furent centralisés chez les Récollets. En 1854, Natalie Doignies obtint de Napoléon III la cession du domaine aux sœurs des Filles de l’Enfant-Jésus, qui réaménagèrent l’église (stalles, tribunes) et en firent leur maison-mère jusqu’au XXe siècle. L’édifice, restauré entre 1963 et 1968, devint église paroissiale en 1991 sous le nom de Sainte-Marie-Madeleine, avant d’être reconverti au début des années 2000 en lieu d’exposition permanente, la Cité de l’Évangile.
L’architecture de l’église, sobre, se distingue par son retable monumental inspiré d’une œuvre de Jacques Van Oost le Jeune, visible à Saint-André. Les chapiteaux ioniques de la nef arborent des cartouches aux armes du Carmel et de figures saintes (Jésus, Marie, Joseph, Thérèse). Sous la chapelle reposent encore 240 moines. Classée monument historique en 1934, elle incarne aujourd’hui un patrimoine à la fois religieux, militaire et culturel, reflétant les bouleversements de Lille depuis le XVIIe siècle.