Frise chronologique
1580
Décision de fondation
Décision de fondation
1580 (≈ 1580)
Chapitre général approuve une maison à Lyon.
1584
Achat du terrain
Achat du terrain
1584 (≈ 1584)
Acquisition de *La Giroflée* pour 3 800 écus.
1590
Début des travaux
Début des travaux
1590 (≈ 1590)
L’église est entamée par Jean Magnan.
1616
Relance financière
Relance financière
1616 (≈ 1616)
Notables lyonnais financent l’arrivée de religieux.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Dispersion de la communauté et vente aux enchères.
1860-1864
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1860-1864 (≈ 1862)
Œuvre de Tony Desjardins, style XIXe siècle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur cour des bâtiments situés au nord et au sud de la chapelle des Chartreux (cad. AD 2) : inscription par arrêté du 27 janvier 1987. Chapelle des Chartreux (cad. AD 2) : classement par arrêté du 27 janvier 1987. Façades et toitures de la petite maison et de la maison du Prieur ; grille d'entrée (cad. AD 1, 2) : inscription par arrêté du 18 mai 1992. Petit cloître avec ses galeries ; maison des Hôtes ; ancienne salle capitulaire ; grand réfectoire (cad. AD 1, 2) : classement par arrêté du 3 février 1995
Personnages clés
| Henri III - Roi de France |
Fondateur officiel de la chartreuse. |
| Dom Jérôme Marchand - Vicaire de la Grande Chartreuse |
Chargé de la mission de fondation. |
| François de Mandelot - Gouverneur de Lyon |
Aidé à choisir le terrain. |
| Jean Magnan - Architecte |
Dirigea les premiers travaux en 1590. |
| Cardinal Joseph Fesch - Archevêque de Lyon |
Racheta le site entre 1808 et 1813. |
| Tony Desjardins - Architecte |
Conçut la chapelle (1860-1864). |
Origine et histoire
La chartreuse Notre-Dame-du-Lys-du-Saint-Esprit, aussi appelée Maison des Chartreux, fut fondée à Lyon au XVIIe siècle après une décision du chapitre général de l’ordre en 1580. Le site choisi, La Giroflée, un terrain dominant la Saône, fut acquis en 1584 aux héritiers d’Étienne Mussio pour 3 800 écus. Henri III, en autorisant la fondation, en devint le fondateur officiel. Les travaux, débutés en 1590 sous la direction de l’architecte Jean Magnan, avancèrent lentement en raison de difficultés financières, obligeant même le rappel de huit religieux sur dix en 1602. Ce n’est qu’en 1615 qu’une partie de l’église put être consacrée, et en 1616, une injection de fonds par des notables lyonnais permit l’arrivée de dix-neuf religieux, relançant le chantier.
Entre 1614 et 1685, vingt-cinq cellules furent construites, ainsi que le grand-cloître (à partir de 1604) et le petit-cloître (à partir de 1620). En 1628, le prieur Dom Léon Tixier obtint, après une longue procédure impliquant le pape Urbain VIII et Louis XIII, la réunion du prieuré de Rosiers-en-Forez à la chartreuse pour renforcer ses revenus. Malgré cela, les ressources restèrent insuffisantes, conduisant en 1639 à l’attribution des revenus de la maison de Poleteins par le général de l’ordre, Juste Perrot. L’église ne fut achevée qu’en 1748, sa façade n’étant terminée qu’en 1870.
La Révolution française marqua un tournant : en 1790, les vœux monastiques furent abolis, et la communauté, composée de seize profès et une vingtaine de domestiques, fut dispersée en 1791. Les biens furent vendus comme biens nationaux, et le site divisé en onze lots. Sous le Premier Empire, le cardinal Joseph Fesch racheta progressivement les bâtiments entre 1808 et 1813 pour y établir sa résidence, puis la Société des Chartreux de Lyon, un institut ecclésiastique toujours actif aujourd’hui. L’église devint paroissiale en 1801.
Le patrimoine architectural actuel inclut des éléments classés ou inscrits aux Monuments Historiques, comme le petit cloître (années 1630), la chapelle des Hôtes (décor de stuc du XVIIIe siècle), ou le grand réfectoire (boiseries du XVIIe siècle). La chapelle des Chartreux, construite entre 1860 et 1864 par Tony Desjardins, complète cet ensemble. À son apogée, la chartreuse possédait aussi des propriétés extérieures, dont des maisons à Lyon, la terre de Poleteins en Bresse, et le prieuré de Roziers dans le Forez.