Frise chronologique
1120
Première donation attestée
Première donation attestée
1120 (≈ 1120)
Église Saint-Geniès de Puygouzon offerte aux Hospitaliers.
1150
Premier commandeur connu
Premier commandeur connu
1150 (≈ 1150)
Preuve d’une organisation structurée à Rayssac.
1313
Héritage templier
Héritage templier
1313 (≈ 1313)
Intégration des biens du Cambon-du-Temple.
1789
Séquestre révolutionnaire
Séquestre révolutionnaire
1789 (≈ 1789)
Vente aux enchères après confiscation.
1928
Classement monument historique
Classement monument historique
1928 (≈ 1928)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Commanderie de Rayssac (ancienne) : inscription par arrêté du 10 janvier 1928
Personnages clés
| Jacques de Filartigue - Commandeur |
En fonction jusqu’en 1556. |
| Louis de Forbin de Gardane - Commandeur |
Dirigea Rayssac jusqu’en 1684. |
| Honorat du Pagès - Commandeur |
Actif à partir de 1599. |
| Jean de Soubiran d'Arifat - Commandeur |
Géra la commanderie vers 1575-1582. |
Origine et histoire
La commanderie de Rayssac, située à Albi dans le Tarn, est une ancienne commanderie hospitalière fondée au moins dès le XIIe siècle. Attestée dès 1150 avec un premier commandeur, elle s’inscrit dans l’héritage des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui y consolidèrent leur présence après la dissolution des Templiers en 1312. La commanderie absorba alors des biens templiers, comme ceux du Cambon-du-Temple, et devint un centre administratif et religieux majeur sous la juridiction du grand prieuré de Saint-Gilles et de la langue de Provence.
L’édifice actuel, principalement construit au XVe siècle, se compose d’un corps de logis rectangulaire à deux étages, encadré de tours circulaires dont une abrite un escalier à vis. Les murs intérieurs conservent des fresques médiévales, notamment des armoiries des Templiers et de Toulouse. La Révolution française marqua un tournant : la commanderie fut séquestrée, vendue aux enchères, puis partiellement reconstruite. Classée monument historique en 1928, elle témoigne aujourd’hui de l’architecture militaire et religieuse de l’Occitanie.
Les possessions de la commanderie s’étendaient sur de nombreuses paroisses et fiefs, comme Saint-Geniès de Puygouzon (1120), Notre-Dame de Mazières (XVe siècle), ou encore le Cambon-du-Temple (1313), héritage des Templiers. Ces terres, gérées par des commandeurs successifs dont Jacques de Filartigue (mort en 1556) ou Louis de Forbin de Gardane (jusqu’en 1684), reflètent l’influence économique et spirituelle de l’ordre dans la région. La commanderie servait aussi de centre agricole, avec des métairies comme La Boual ou La Ramaziès.
L’histoire de Rayssac est documentée par des sources fragmentaires, notamment les travaux de l’abbé Nicolas (1906) et d’Auguste Vidal (1913), qui décrivent son rôle dans le diocèse d’Albi. Les archives révèlent des conflits, comme celui opposant le commandeur au chapitre de Castres en 1220 pour l’église Saint-Benoît de Gourgues, ou des donations comme celle de l’église Saint-Geniès en 1120. Ces éléments soulignent son importance dans les dynamiques locales médiévales et modernes.
Aujourd’hui, la commanderie de Rayssac, située au 9001 Chemin du Château de Rayssac, reste un témoignage architectural des ordres militaires religieux. Ses murs, marqués par des meurtrières et des décors peints, ainsi que son organisation spatiale autour d’une cour d’honneur, illustrent à la fois sa fonction défensive et son prestige. Inscrite à l’inventaire des monuments historiques, elle invite à découvrir un pan méconnu du patrimoine albigeois et occitan.