Frise chronologique
1250
Première mention écrite
Première mention écrite
1250 (≈ 1250)
« Terre de la Maison de l'Hôpital » citée.
1293
Possession hospitalière confirmée
Possession hospitalière confirmée
1293 (≈ 1293)
Comptes du bailli Jean de Trie.
XVIe siècle
Période de construction principale
Période de construction principale
XVIe siècle (≈ 1650)
Tourelle d'escalier et aménagements.
1726
Visite et inventaire
Visite et inventaire
1726 (≈ 1726)
Cinq membres dépendants recensés.
19 octobre 1965
Protection partielle
Protection partielle
19 octobre 1965 (≈ 1965)
Façades et toitures inscrites.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades, toitures (cad. L 522) : inscription par arrêté du 19 octobre 1965
Personnages clés
| Jean de Trie - Bailli royal |
Confirme la possession hospitalière en 1293. |
| Ambroise Tardieu - Historien du XIXe siècle |
Évoque un passé templier non confirmé. |
| Jean Bellon dit Favras - Commandeur |
Dirige la commanderie de 1526 à 1561. |
| Charles de Crémeaux - Commandeur |
Aussi commandeur de Mâcon (1643-1673). |
| Frère Batteney - Archiviste de l'Ordre |
Inventaire de 1779-1780 sans acte de fondation. |
Origine et histoire
La commanderie de Chanonat, située dans le Puy-de-Dôme, est attestée comme possession des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dès 1250, bien que son passé templier reste incertain. Elle appartenait au grand prieuré d'Auvergne et figure dans les comptes du bailli royal Jean de Trie en 1293. Son origine exacte demeure floue, car les archives de l'Ordre, compilées en 1779-1780, n'en mentionnent pas la fondation. Les bâtiments actuels, visibles sur le cadastre de 1808, reflètent une organisation typique : chapelle orientée est-ouest, logements du commandeur, granges, écuries et une cour centrale.
La chapelle, aujourd'hui dépourvue de son clocher à peigne et de ses voûtes d'origine, conserve des traces de son architecture hospitalière, comme le triplet surbaissé à l'est et des ouvertures comblées. La maison du commandeur, en forme de L, montre des éléments médiévaux (fenêtre à bassoire, murs épais en pierre et terre) et des modifications Renaissance, comme une fenêtre sans croisée. Les bâtiments agricoles, partiellement remaniés, incluent une grande ouverture voûtée dans les écuries et les vestiges d'un porche d'entrée démoli avant 1939, où subsistait une croix pattée.
En 1726, la commanderie gérait cinq « membres » ou domaines dépendants, dont Aulnat, Bessamorel, et La Bastide (ancienne possession templière). La liste des commandeurs, documentée depuis 1359, révèle des figures comme Jean Bellon dit Favras (1526-1561) ou Charles de Crémeaux (1643-1673), aussi commandeur de Mâcon. L'ensemble, morcelé après la suppression de l'Ordre en France, a été partiellement protégé par un arrêté de 1965 pour ses façades et toitures, bien que certains bâtiments adjacents restent d'attribution contestée.
Les sources historiques soulignent des contradictions, comme l'attribution templière avancée par Ambroise Tardieu (XIXe siècle) mais non confirmée par les archives. Les comptes royaux et les visites pastorales révèlent une commanderie active, dédiée aux chevaliers de Malte « servants d'armes » avant 1789. L'architecture mêle des éléments défensifs (murs épais) et symboliques (orientation de la chapelle), typiques des établissements hospitaliers ruraux.
Les matériaux de construction, comme l'usage de terre comme ciment et de poteries comme remplissage, illustrent des techniques locales. La tourelle d'escalier à huit pans, ornée de médaillons et de chapiteaux ioniques à têtes d'angelots, date du XVIe siècle et témoigne d'une embellie architecturale. Malgré les transformations, l'ensemble offre un aperçu rare des commanderies hospitalières en Auvergne, entre fonction agricole, religieuse et militaire.