Ancienne commanderie des Chevaliers de Malte à Chanonat dans le Puy-de-Dôme

Patrimoine classé Patrimoine Templier Commanderie templière

Ancienne commanderie des Chevaliers de Malte

  • 13 Rue Saint-Jean, Cotte Fougeiroux
  • 63450 Chanonat
Ancienne commanderie des Chevaliers de Malte
Ancienne commanderie des Chevaliers de Malte
Ancienne commanderie des Chevaliers de Malte
Ancienne commanderie des Chevaliers de Malte
Crédit photo : Romary - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
1250
Première trace écrite
1293
Première mention hospitalière
XVIe siècle
Ajout Renaissance
1726
Visite détaillée
19 octobre 1965
Protection des façades
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades, toitures (cad. L 522) : inscription par arrêté du 19 octobre 1965

Personnages clés

Ambroise Tardieu Historien évoquant une origine templière non confirmée.
Jean de Trie Bailli royal mentionnant la commanderie en 1293.
Frère Batteney Archiviste de l'Ordre des Hospitaliers recherchant les actes de fondation.

Origine et histoire de la Commanderie

La commanderie de Chanonat, parfois rattachée aux chevaliers de Saint‑Jean de Jérusalem, est attestée comme possession hospitalière, mais son passé templier n'est pas assuré. Certaines hypothèses lui prêtent une origine templière, attribution reprise par Ambroise Tardieu qui évoque la présence d'un dignitaire templier pour la signature d'une charte, sans toutefois fournir de sources retrouvables. En revanche, les comptes du bailli royal Jean de Trie signalent la commanderie comme possession des Hospitaliers en 1293, et l'archiviste de l'Ordre, frère Batteney, ne disposait pas des actes de fondation recherchés. Le site se situe au nord‑est du bourg, à l'angle de la rue Saint‑Jean et de la rue Sous‑les‑Murs ; les bâtiments sont aujourd'hui partagés entre propriétaires privés. L'ensemble comprend un corps de logis doté d'une tourelle d'escalier en saillie sur la façade sud‑ouest et présente des encadrements architecturaux remarquables. Au rez‑de‑chaussée, la porte rectangulaire est moulurée de filets et de grains d'orge reposant sur des bases moulurées ; elle est encadrée de pilastres toscans ornés de médaillons à corolles et surmontés de chapiteaux dont les volutes prennent la forme d'une tête d'angelot aux ailes ouvertes. Un fronton à encadrement curviligne, couronné d'une coquille bordée d'enroulements, surmonte la corniche ; il est sculpté en bas‑relief d'un écu armorié soutenu par deux lions et coiffé d'un cimier surmonté d'une tête de lion. Le corps de logis comporte d'autres encadrements notables et la construction associe couches alternées de pierres de grand appareil et de moellons calcaires liés par de la terre, avec un enduit de chaux intérieur et extérieur. Les murs font environ un mètre d'épaisseur à leur base et conservent encore 80 centimètres à leur sommet vers dix mètres de hauteur ; des fragments de poteries se retrouvent dans le remplissage interne en raison de l'emploi de terre comme liant. La description actuelle repose notamment sur le procès‑verbal de visite de 1726 et sur le plan du cadastre de 1808. La chapelle a perdu son pinacle et ses voûtes ont été remplacées par une charpente ; sa porte principale a été transformée en porte de grange. À l'est, le triplet a été surbaissé et obturé, un ajout condamnant sa base, et deux ouvertures de la façade sud ont été comblées mais restent visibles. La partie habitation, longtemps abandonnée, a été largement modifiée : subsistent l'accès à la cuisine au rez‑de‑chaussée, une porte vers une chambre à l'étage et une fenêtre ajoutée à la Renaissance aujourd'hui dépourvue de sa croisée. L'arrière du bâtiment a été moins transformé, mis à part le bouchage de deux accès et le relèvement du niveau du terrain, et conserve trois petites ouvertures. Dans l'aile en L, une fenêtre dite à bassoire sur la façade sud permettait de surveiller l'entrée de la cour. Le porche d'entrée de la cour a été démoli avant la dernière guerre ; il n'en reste que le pilier droit, et sur un cliché des années 1930 on distingue une croix pattée. Les granges et écuries ont été incluses dans des agrandissements empiétant sur la cour, et l'une des dépendances conserve une grande ouverture voûtée. Malgré le morcellement des biens des Hospitaliers à la suite de la suppression de l'Ordre sur le territoire français, l'ensemble de Chanonat demeure un témoin d'une commanderie hospitalière rurale. En 1726, la commanderie possédait cinq « maisons » ou « membres », parmi lesquelles Le Temple d'Aulnat, Bessamorel, Plaine‑Combe dit Le Temple du Luguet, Sainte‑Anne dite la Bastide (lieu‑dit de Saint‑Germain‑Lembron) et La Vaulx Saint‑Jean en paroisse de Viplaix, la Bastide ayant été d'abord une commanderie templière avant de devenir hospitalière et d'être intégrée à Chanonat à la suite d'un remembrement. Une liste de commandeurs, partiellement datée, est conservée et couvre une période allant du XIVe au XVIIIe siècle. Enfin, un arrêté du 19 octobre 1965 protège les façades et toitures de bâtiments situés dans une autre partie de Chanonat ; ces bâtiments y sont présentés comme « la commanderie des chevaliers de Saint‑Jean de Jérusalem », affectation qui demeure contestée.

Liens externes