Frise chronologique
1353
Fortification de l'église
Fortification de l'église
1353 (≈ 1353)
Par le comte Roger Bernard.
début XVe siècle
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
début XVe siècle (≈ 1504)
Remplace l'église saint Eumache ruinée.
1652
Refuge des frondeurs
Refuge des frondeurs
1652 (≈ 1652)
Charles de Ferrières s'y barricade.
1807
Acquisition d'une cloche
Acquisition d'une cloche
1807 (≈ 1807)
Ancienne cloche du jacquemart de Périgueux.
1863
Restauration par Paul Abadie
Restauration par Paul Abadie
1863 (≈ 1863)
Surélévation du clocher et remaniement.
1869
Échange contre une nouvelle église
Échange contre une nouvelle église
1869 (≈ 1869)
Devenue propriété d'Alfred Magne.
2004
Classement monument historique
Classement monument historique
2004 (≈ 2004)
Inscrite à l'inventaire supplémentaire.
2009
Rachat par la commune
Rachat par la commune
2009 (≈ 2009)
Vendue pour un euro symbolique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancienne église en totalité (cad. BB 35) : inscription par arrêté du 3 décembre 2004
Personnages clés
| Roger Bernard - Comte de Périgord |
Fortifia l'église en 1353. |
| Charles Antoine de Ferrières - Marquis de Sauvebœuf |
Chef frondeur réfugié en 1652. |
| Paul Abadie - Architecte diocésain |
Restaura l'église en 1863. |
| Alfred Magne - Propriétaire du château |
Acquit l'église en 1869. |
| Auguste Dubet - Architecte |
Conçut la nouvelle église (1870-1872). |
Origine et histoire
L'ancienne église Notre-Dame-de-l'Assomption de Trélissac, édifiée au début du XVe siècle en remplacement d'une première église saint Eumache détruite pendant la guerre de Cent Ans, illustre l'architecture ogivale flamboyante périgourdine. Son chœur octogonal, ses voûtes à nervures et ses chapiteaux sculptés reflètent une période de reconstruction post-conflit, tandis que ses six chapelles latérales (Notre-Dame de l'Enfance, Saint-Capraise, etc.) soulignent son rôle central dans la vie paroissiale. L'édifice, fortifié au XIVe siècle par le comte Roger Bernard, servit même de refuge lors des troubles de la Fronde en 1652.
Au XIXe siècle, l'église subit des transformations majeures : Paul Abadie, architecte diocésain, surélève le clocher et remanie les ouvertures en 1863, avant qu'elle ne soit échangée en 1869 contre une nouvelle église construite par Alfred Magne. Ce dernier, propriétaire du château voisin, intègre l'ancienne église à son domaine, provoquant son abandon progressif. Le clocher-porche s'effondre faute d'entretien, jusqu'à sa revente symbolique à la commune en 2009. Des travaux de consolidation sont prévus à partir de 2025.
Classée monument historique en 2004, l'église conserve des éléments remarquables comme ses clefs de voûte ornées (évêque mitré, monogramme du Christ) et ses croisées à meneaux. Son histoire reflète les tensions entre pouvoir comtal (comtes de Périgord), clergé (chapitre de Saint-Front) et communauté locale, depuis sa fondation médiévale jusqu'à son déclin au profit d'un nouvel édifice paroissial en 1872. Les registres d'état civil mentionnent ses chapelles sous plusieurs dénominations, témoignant de son ancrage dans la vie sociale et religieuse.
La première église, dédiée à saint Eumache, est attestée dès 1301 mais ruinée lors des conflits opposant le comte de Périgord au chapitre du Puy-Saint-Front. Un document de 1353 révèle sa fortification par Roger Bernard, transformant le lieu de culte en place forte pendant la guerre de Cent Ans. Profanée et en ruines à l'issue du conflit, elle cède la place à l'édifice actuel, dont la construction coïncide avec la réorganisation de la paroisse après les destructions.
Pendant la Révolution, l'église est temporairement abandonnée avant d'être rendue au culte. En 1807, la municipalité de Périgueux lui cède une cloche de 500 kg, ancienne pièce du jacquemart de l'hôtel de ville. Ces épisodes illustrent les bouleversements politiques et religieux qui marquent son histoire, entre désaffectations et restaurations successives, jusqu'à son échange controversé en 1869 pour agrandir le domaine privé d'Alfred Magne.