Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Édifice roman à nef unique et abside hémicirculaire.
Début XIIIe siècle
Agrandissement gothique
Agrandissement gothique
Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Ajout de collatéraux et absidioles voûtées.
1790
Saisie des biens des cordeliers
Saisie des biens des cordeliers
1790 (≈ 1790)
Couvent transformé en caserne puis en écurie.
1818
Transfert de la paroisse
Transfert de la paroisse
1818 (≈ 1818)
Abandon de Saint-Hilaire pour l’église des cordeliers.
1861
Destruction partielle
Destruction partielle
1861 (≈ 1861)
Façade ouest et nef tronquées par un plan urbain.
20 juin 1950
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
20 juin 1950 (≈ 1950)
Protection des ruines comme patrimoine national.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Hilaire (ruines de l'ancienne) (cad. FF 209) : inscription par arrêté du 20 juin 1950
Personnages clés
| Nicolas de Bastard - Grand voyer de France et seigneur |
Inhumé en 1722 devant l’autel Saint-Martin. |
| Dominique de Bastard - Fils de Nicolas, même titre |
Enterré en 1729 dans le caveau familial. |
Origine et histoire
L’église Saint-Hilaire d’Agen, aussi appelée Tour des pénitents blancs, est une construction du XIe siècle, aujourd’hui en ruines. À l’origine, elle se composait d’une nef unique prolongée par un chœur plus étroit, surmonté d’un clocher-mur en pierre. L’abside hémicirculaire, ornée de sculptures, permet de dater sa construction entre le XIe et la première moitié du XIIe siècle. Son architecture initiale reflétait les canons roman de l’époque, avec une simplicité structurale typique des églises rurales ou urbaines de cette période.
Au début du XIIIe siècle, l’église fut agrandie avec l’ajout de deux collatéraux et de deux absidioles voûtées en cul-de-four. Les murs des collatéraux furent rehaussés pour supporter un toit unique couvrant l’ensemble du bâtiment. À une date indéterminée, mais contemporaine de cet agrandissement, le clocher-mur fut intégré à une tour hexagonale en brique, formant un clocher gothique. Cette transformation illustre l’évolution des styles architecturaux, passant du roman au gothique, ainsi que l’adaptation de l’édifice aux besoins d’une communauté grandissante.
Au XIVe siècle, un couvent des cordeliers fut établi près de la porte Saint-Georges. Leurs biens furent saisis en 1790, et une partie du couvent servit de caserne pour la gendarmerie jusqu’en 1840. L’église des cordeliers, quant à elle, abritera l’assemblée électorale départementale en 1790, avant d’être convertie en écurie et en magasin à fourrage. En 1818, face à la vétusté de l’église paroissiale Saint-Hilaire, la paroisse fut transférée dans l’ancienne église des cordeliers, sur demande des habitants, du curé et des autorités locales.
Le plan d’alignement d’Agen en 1861 entraîna la destruction de la façade ouest de l’église et de la première travée de la nef, réduisant l’édifice de plus de 6 mètres. Utilisée comme entrepôt, elle fut ravagée par un incendie en 1913. La municipalité envisagea même de vendre son clocher en 1911. Les ruines de Saint-Hilaire furent finalement inscrites aux monuments historiques le 20 juin 1950, préservant ainsi les vestiges d’un patrimoine médiéval marqué par les aléas de l’histoire.
L’église Saint-Hilaire servit également de lieu de sépulture pour des familles nobles locales. En 1722, Nicolas de Bastard, grand voyer de France et seigneur de Saint-Denis-sur-Garonne, y fut inhumé devant l’autel de Saint-Martin. Son fils, Dominique de Bastard, y rejoignit la sépulture familiale en 1729. Ces tombes témoignent du rôle social et religieux de l’église, lieu de mémoire pour l’aristocratie agenaise jusqu’au XVIIIe siècle.