Frise chronologique
XIIe siècle
Construction du portail ouest
Construction du portail ouest
XIIe siècle (≈ 1250)
Portail roman sculpté déplacé ultérieurement.
XVe siècle
Ajout du portail sud
Ajout du portail sud
XVe siècle (≈ 1550)
Style gothique flamboyant avec chimère et lion.
1753
Modification façade sud
Modification façade sud
1753 (≈ 1753)
Date gravée sur un linteau.
1783
Modification façade nord
Modification façade nord
1783 (≈ 1783)
Date gravée sur un linteau.
1839
Construction du clocher
Construction du clocher
1839 (≈ 1839)
Façade ouest restaurée, date sur l'oculus.
1884
Destruction chapelle nord
Destruction chapelle nord
1884 (≈ 1884)
Chapelle des Largentaye, vétusté avancée.
1885
Reconstruction de l'abside
Reconstruction de l'abside
1885 (≈ 1885)
Abside polygonale actuelle construite.
1964
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1964 (≈ 1964)
Protection du portail du XIIe siècle.
1985
Sondages archéologiques
Sondages archéologiques
1985 (≈ 1985)
Découverte de murs anciens sous l'abside.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte du 12s de la façade Ouest (cad. B 163) : inscription par arrêté du 19 février 1964
Personnages clés
| Perette de l'Argentaye - Dame de Montbran (XVe siècle) |
Gisant mentionné dans la chapelle détruite. |
| Hervé de Malestroit - Époux de Perette de l'Argentaye |
Famille noble liée à la sépulture. |
| F. Fichet de Clairefontaine - Archéologue (1985) |
Responsable des sondages dans l'abside. |
| M. Batt - Archéologue (1985) |
Collaborateur aux fouilles de 1985. |
Origine et histoire
L'ancienne église Saint-Lunaire de Saint-Lormel, située dans les Côtes-d'Armor en Bretagne, est un édifice religieux dont les origines remontent au moins au XIIe siècle. Elle se distingue par sa nef unique à chevet polygonal, son portail roman sculpté du XIIe siècle, et un second portail gothique flamboyant du XVe siècle. Des traces d'appareil et de tuiles gallo-romaines, visibles sur les façades sud, ouest et nord, suggèrent une occupation ancienne du site, peut-être dès l'Antiquité ou le haut Moyen Âge.
Le portail ouest, daté du XIIe siècle et construit en granite, arbore des chapiteaux ornés de masques, d'étoiles et de motifs géométriques, surmontés d'un arc en plein-cintre à dents de scie. Ce portail aurait été déplacé de la façade sud lors de l'ajout, au XVe siècle, d'un nouveau portail gothique flamboyant, décoré de motifs végétaux, d'une chimère et d'un lion. La façade ouest conserve également une tête féminine sculptée, réemployée au-dessus d'une baie dont les vitraux contemporains ont remplacé les boiseries du XIXe siècle.
Des sondages archéologiques menés en 1985 dans l'abside polygonale, reconstruite en 1885, ont révélé des murs d'époques variées : gallo-romaine ou haut Moyen Âge, XIIe et XVe siècles, ainsi qu'une structure circulaire non datée, peut-être la base d'une tour. Ces découvertes confirment que l'église actuelle repose sur des fondations bien plus anciennes, bien que l'abside originelle du XIIe siècle n'ait pas été localisée. Les modifications ultérieures, comme la construction du clocher en 1839 ou la destruction de la chapelle nord en 1884, témoignent d'une histoire architecturale complexe.
Au XVIIIe siècle, des interventions sont attestées sur les façades sud (1753) et nord (1783), tandis qu'au XIXe siècle, l'édifice subit des restaurations majeures, notamment en 1839 et 1865, année de la construction d'une nouvelle église dans le bourg de Dohénneuc. L'ancienne église, classée Monument Historique pour son portail du XIIe siècle en 1964, conserve des éléments remarquables comme des vitraux contemporains, une tribune en bois et une voûte enduite. Son cimetière, transféré en 1866, abritait encore des pierres tombales jusqu'au début du XXe siècle.
Parmi les découvertes notables figurent un sarcophage contenant un cœur en plomb et des ossements, exhumé en 1884 sous le dallage, ainsi que la mention d'une tombe sculptée du XVIe siècle, aujourd'hui disparue, représentant un homme d'armes et Perette de l'Argentaye, dame de Montbran. Ces éléments soulignent le rôle funéraire et mémoriel de l'édifice, lié à des familles nobles locales comme les Malestroit et les Largentaye, dont les armes figuraient autrefois sur une vitre de l'église.
L'église Saint-Lunaire illustre ainsi une stratification historique riche, depuis ses possibles origines gallo-romaines jusqu'à ses transformations médiévales et modernes. Son abandon progressif après 1865, au profit d'un nouveau lieu de culte, en fait un témoignage précieux des évolutions architecturales et sociales de la Bretagne rurale.