Frise chronologique
Xe siècle
Fondation de la paroisse
Fondation de la paroisse
Xe siècle (≈ 1050)
Première mention dans les chartes médiévales.
1075
Rattachement à l’abbaye Saint-Florent
Rattachement à l’abbaye Saint-Florent
1075 (≈ 1075)
Devient dépendance de Saumur.
XVe siècle
Agrandissement de l’église
Agrandissement de l’église
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout de deux clochers et façade ornée.
1582
Dommages lors des guerres de Religion
Dommages lors des guerres de Religion
1582 (≈ 1582)
Édifice à demi ruiné.
1602
Construction du temple protestant
Construction du temple protestant
1602 (≈ 1602)
Ancienne chapelle Saint-Nicolas transformée.
1629
Conversion en chapelle catholique
Conversion en chapelle catholique
1629 (≈ 1629)
Prise par les récollets.
1801
Rétablissement du culte
Rétablissement du culte
1801 (≈ 1801)
Devenue église Saint-Martin-et-Saint-Roch.
1826-1834
Agrandissement néo-classique
Agrandissement néo-classique
1826-1834 (≈ 1830)
Ajout nef, transept, clocher.
1834
Nouvelle consécration
Nouvelle consécration
1834 (≈ 1834)
18 novembre, après travaux.
1998
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1998 (≈ 1998)
26 octobre, inventaire supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancien temple, en totalité (cad. BE 492) : inscription par arrêté du 26 octobre 1998
Personnages clés
| Henri IV - Roi de France |
Armes sur la porte du temple (1602). |
| Louis XIII - Roi de France |
Promoteur de la Contre-Réforme. |
| Duchesse de Berry - Mécène |
Donatrice pour travaux (1828). |
| Henri Ier d'Albret-Miossens - Seigneur local |
Commande la statue de saint Roch. |
| Claude Chastillon - Graveur |
Témoin état ruiné (début XVIIe). |
| Henri Ier d’Albret-Miossens - Seigneur local |
Commanditaire statue saint Roch (1631). |
| Claude Masse - Ingénieur |
Décrit crypte insalubre (1714). |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Pons trouve ses origines dans un ancien temple protestant construit en 1602, sur l’emplacement d’une chapelle Saint-Nicolas en ruine. Ce temple, de style sobre et rectangulaire (23x19 m), fut érigé après l’édit de Nantes pour répondre aux besoins des fidèles réformés. Sa porte classique, ornée des armes d’Henri IV (buchées à la Révolution), symbolisait cette période de coexistence religieuse. En 1629, dans le cadre de la Contre-Réforme, des catholiques s’emparent du lieu, le convertissant en chapelle pour les récollets, puis en église paroissiale après 1801.
L’édifice subit une transformation majeure entre 1826 et 1834, financée en partie par la duchesse de Berry. La nef est allongée, un transept et un clocher italianisant (avec dôme) sont ajoutés, tandis que l’intérieur est réaménagé dans un style néo-classique et baroque. Les murs gouttereaux ouest, datant du XVIIe siècle, sont les seuls vestiges du temple protestant original. L’église, consacrée en 1834, intègre des retables, une chaire monumentale et des vitraux dédiés à saint Martin, mêlant ainsi héritages protestant et catholique.
Le site occupe une place centrale dans l’histoire religieuse de Pons, marquée par les conflits entre catholiques et protestants. L’ancienne église médiévale Saint-Martin, détruite au XVIIIe siècle, était un édifice roman majestueux (50 m de nef), doté d’une crypte préromane et de deux clochers. Endommagée lors des guerres de Religion et de la Fronde, elle fut abandonnée en 1784. La crypte, insalubre et inondable, servit temporairement de lieu de culte avant la construction du nouveau sanctuaire.
L’actuelle église Saint-Martin conserve des éléments éclectiques : voûtes en anse de panier, bas-côtés à berceaux transversaux, et un clocher coiffé d’un dôme. À l’intérieur, une statue de saint Roch rappelle l’épidémie de peste de 1631, tandis que les vitraux modernes illustrent la vie de saint Martin. L’édifice, propriété communale, est inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1998, témoignant de son importance patrimoniale.
Le temple protestant initial fut commandité après 1602, dans un contexte post-édit de Nantes, où Pons était une place forte protestante. Sa reconversion en 1629 reflète les tensions religieuses de l’époque, avec les récollets comme acteurs clés de la reconquête catholique. Les transformations du XIXe siècle, incluant l’ajout d’un transept et d’un clocher, répondirent à l’accroissement des besoins paroissiaux après le concordat de 1801.