Origine et histoire
L’ancienne église Saint-Martin-du-Jaur, située à Saint-Pons-de-Thomières, est mentionnée pour la première fois en 936 dans la charte de fondation de l’abbaye de Saint-Pons. L’édifice actuel, construit au XVe siècle, remplace une église romane du XIe ou XIIe siècle, dont certains éléments (comme le massif carré nord-ouest ou la façade occidentale) ont été conservés. Ce site, occupé depuis le Néolithique, fut un lieu de culte ininterrompu jusqu’en 1789, date à laquelle la paroisse fut transférée à la cathédrale.
L’église, de style gothique tardif, présente une nef unique avec chapelles latérales et un chevet polygonal. Les arcs diaphragmes plein cintre, les contreforts massifs et les voûtes sur croisée d’ogives témoignent de sa structure médiévale. Le sanctuaire, reconstruit à la fin du XVIe ou au XVIIe siècle après les guerres de Religion, contraste avec la nef plus ancienne. L’abside pentagonale, autrefois voûtée, et la porte méridionale en arc brisé rappellent aussi son héritage roman.
L’édifice, abandonné après 1789, conserve des traces de son rôle central dans la formation du bourg de Thomières. Son architecture mêle ainsi des éléments romans, gothiques et classiques, reflétant les reconstructions successives. Les vestiges des ogives primitives du chœur ancien, visibles derrière le premier arc diaphragme, illustrent cette stratification historique. Classée Monument Historique en 1984, l’église reste un témoignage majeur de l’évolution religieuse et architecturale locale.
Le site, lié à la source du Jaur, atteste d’une occupation cultuelle millénaire, du Néolithique à la Révolution. L’église romane initiale, à trois nefs, fut remplacée par un édifice gothique plus modeste, adapté aux besoins paroissiaux. Les chapelles latérales, couvertes de voûtes d’ogives, et le massif nord-ouest (probable base d’un clocher roman) soulignent cette transition. L’abandon post-révolutionnaire a figé son état, offrant un exemple rare d’évolution architecturale inachevée.
La localisation de l’église, à proximité immédiate de la source du Jaur, renforce son importance symbolique. Le bourg de Thomières s’est développé autour de ce lieu de culte, comme en témoignent les archives médiévales. Les guerres de Religion, ayant endommagé le sanctuaire, expliquent sa reconstruction partielle aux XVIe–XVIIe siècles. Aujourd’hui, les parties restantes (nef, chapelles, façade) sont protégées depuis 1984, préservant ce patrimoine hybride.